Combien de temps tiendra-t-il? La question agite la Rue de Grenelle, car il est peu probable que Michel Lussault, nommé à la tête du Conseil supérieur des programmes par Najat Vallaud-Belkacem, demeure longtemps à ce poste clef. Très proche de l'ancienne ministre, cet agrégé de géographie et ancien président d'université, qui a piloté la dernière réforme des programmes scolaires, fait figure de dernier des Mohicans au sein d'un ministère en pleine révolution idéologique.

A priori aucun terrain d'entente sur les programmes

Clairement, l'arrivée de Jean-Michel Blanquer Rue de Grenelle est un mauvais signe pour cette icône des "pédagogistes". Les deux hommes se connaissent depuis longtemps et c'est peu dire qu'ils ne s'apprécient pas: en 2015, quand Lussault a présenté la première mouture de ses nouveaux programmes, Jean-Michel Blanquer avait publiquement appelé à leur "abrogation", les jugeant "jargonneux et précieusement ridicules".

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Quelques mois plus tard, tous deux étaient invités par le magazine La Vie à une table ronde sur le thème de l'école, et la tension entre les deux hommes était clairement palpable. Tendu, le climat entre ces deux-là risque de devenir irrespirable quand s'amorcera, en 2018, la réforme du lycée. A moins que, d'ici là, Michel Lussault ne soit plus à la tête du Conseil supérieur des programmes...