"Ce que soulève la jupe." C'est l'intitulé d'une journée de lutte contre le sexisme proposée dans 27 lycées de l'académie de Nantes, sur les 220 que compte la ville. Elle est à l'initiative du Conseil Académique à la vie lycéenne (CAVL) de l'académie de Nantes et reprend le titre d'un ouvrage de Christine Bard sur le sexisme.

Quel est le concept? Dans un premier temps, certains opposants à la "théorie du genre" ont affirmé, notamment sur les réseaux sociaux, qu'il était demandé aux garçons de ces établissements scolaires de venir en jupe. C'est par exemple le cas du président de l'UNI, Olivier Vial, qui sur son compte Twitter a posté, en référence au travesti barbu gagnant de l'Eurovision:

La fausse information a largement été reprise, y compris dans certains médias, au point de pousser le rectorat à réagir. "L'académie de Nantes ne demande pas aux garçons de venir en jupe". Il s'agit en fait d'une "action de lutte contre le sexisme", proposée par les élèves élus au CAVL, qui consistera "principalement en un temps d'échange sur les discriminations sexistes et les moyens éventuels d'y remédier dans la vie du lycée", a précisé son porte-parole à l'AFP.

Pas une "journée de folklore"

La simple lecture du communiqué de presse à l'origine de la polémique confirme cette explication: "Le principe? Inviter filles et garçons, élèves et adultes, le temps d'une journée événement à porter une jupe ou un autocollant 'je lutte contre le sexisme, et vous?"

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Aucun signe, donc, d'une obligation quelconque pour les garçons de venir en jupe, ni même de porter du rouge à lèvres, comme on a pu le lire. Le groupe local anti-théorie du genre, Les Nantais pour la famille, a néanmoins appelé à une action de protestation pacifique le 16 mai.

La précédente édition de cette journée, le 12 avril 2013, n'avait pourtant fait aucune vague. "Il ne s'agit en aucun cas de se déguiser ou d'une journée de folklore, surtout en période d'examen: l'an dernier (...), ce sont surtout des filles qui sont venues en jupes, parfois même, de manière symbolique,sur des pantalons, et chez les garçons, il y a peut être eu deux ou trois kilts", a précisé le porte-parole du rectorat. Et de conclure: "Se mettre en jupe n'est pas le propos de cette action." Les critiques de l'initiative peuvent aller se rhabiller!