Pour la deuxième année consécutive, Emmanuel Macron participera ce jeudi à la Journée nationale d'hommage aux victimes du terrorisme, actée en 2019. La date du 11 mars a été choisie au niveau européen par des associations, en référence à l'attentat de Madrid de 2004. Il y a un an, elle avait eu lieu au Trocadero. Cette fois, la cérémonie se déroulera principalement aux Invalides, avant une rencontre avec une victime, encore traumatisée : l'imprimeur qui avait été pris en otage par les frères Kouachi en 2015, à la suite des attentats de Charlie Hebdo et de l'Hyper-Casher.

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Depuis janvier 2015, les attentats ont fait plus de 260 morts en France, les plus meurtriers ayant été ceux du 13 novembre 2015 avec 130 morts à Paris et Saint-Denis, et celui du 14 juillet 2016 à Nice (86 morts). La dernière attaque remonte au 29 octobre 2020, à la basilique de Notre-Dame de Nice, où trois personnes ont perdu la vie, seulement treize jours après la décapitation du professeur d'histoire-géographie Samuel Paty, à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines. "La menace terroriste reste toujours élevée", souligne l'Élysée, en précisant que 33 attentats ont été déjoués depuis 2017.

Dépôt d'une gerbe devant "La Parole portée"

Pour cette deuxième Journée nationale d'hommage aux victimes du terrorisme, le chef de l'État, accompagné de son épouse Brigitte Macron, déposera dans un premier temps, à 9h30, une gerbe devant la statue-fontaine "La Parole portée", représentant une femme décapitée, dédiée aux victimes des attentats. Les anciens présidents Nicolas Sarkozy et François Hollande, le Premier ministre Jean Castex et plusieurs ministres et maires seront présents.

Lecture du "Lambeau" et réunion avec les associations de victimes

Un extrait du livre "Le lambeau" du journaliste Philippe Lançon, grièvement blessé dans l'attentat de Charlie Hebdo en 2015, sera lu par Chloé Bertolus, la chirurgienne qui l'a opéré. Puis Emmanuel Macron s'entretiendra avec les présidents de treize associations de victimes.

Visite à l'imprimerie Catalano à Dammartin-en-Goële

Il se rendra ensuite à l'imprimerie Catalano à Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne) pour rencontrer Michel Catalano, qui avait été pris en otage par les frères Kouachi au cours de leur cavale après l'attentat de Charlie Hebdo en 2015. Le patron de cette petite imprimerie a écrit au chef de l'État pour l'inviter aux vingt ans de son entreprise, a indiqué l'Élysée, en saluant le discours "optimiste" de l'entrepreneur.

Le 9 janvier 2015, son imprimerie avait été détruite par les explosifs utilisés pendant l'assaut contre les deux frères. Michel Catalano avait aussi fait cacher son employé, Lilian Lepère, sous un évier, pendant une heure trente. Six ans après, il a encore "la boule au ventre" chaque matin quand il ouvre le portail de son imprimerie. Il dit avoir tenu grâce à sa famille, ses amis, à l'AFVT (Association française des victimes du terrorisme), et à ces "milliers de lettres de soutien reçues du monde entier".

Depuis 2015, plus de 6300 victimes et proches ont été pris en charge par le Fonds de garantie des victimes (FGTI). Plus de 400 Français victimes d'un attentat à l'étranger ont été suivis ainsi que près de 1000 victimes étrangères.