La crise sanitaire va peser sur le budget des étudiants à la rentrée 2020, avec une hausse marquée de leurs dépenses courantes notamment pour l'achat de masques, selon les rapports de deux syndicats étudiants publiés lundi. Le coût moyen de la rentrée 2020 s'établira à 2361 euros, soit 76 euros de plus qu'en 2019, indique dans son baromètre annuel la Fage, principal syndicat étudiant.
"Ce bond s'explique principalement par l'augmentation des frais de la vie courante (+5,1%), et l'apparition d'une nouvelle ligne dans le budget des étudiants : celle des masques qu'il faudra porter pour aller en cours", explique dans Le Parisien la présidente de la Fage, Orlane François. Cette dernière se dit particulièrement inquiète pour le "public à la frontière des seuils d'obtention des bourses, qui va subir fortement ces augmentations". L'achat des masques coûtera en théorie 31,75 euros par mois, l'équivalent de deux semaines de repas du midi pour un étudiant, selon les calculs de la Fage.
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Le syndicat rappelle que 74% des 18-25 ans déclarent avoir rencontré des difficultés financières au cours des trois derniers mois. Quatre étudiants sur dix engagés dans la recherche d'un travail ou d'un stage ont vu ce processus annulé ou suspendu durant le confinement, selon la Fage.
Le gouvernement a pris de son côté plusieurs mesures de plafonnement, comme le gel des frais universitaires et celui du ticket de resto U. Le prolongement de certaines bourses et des aides exceptionnelles ont aussi été octroyés pour la rentrée 2020.
L'Unef pointe la précarité des étudiants ultramarins
Pour le reste de l'année universitaire, la hausse moyenne du coût de la vie étudiante atteindra 3,69%, selon le rapport annuel du syndicat Unef, également publié lundi. Comme chaque année, le loyer est le principal poste de dépense, absorbant 69% du budget mensuel des étudiants. Le loyer moyen passe de 522 euros par mois à 535 euros (+2,41%). L'"augmentation est en partie freinée par la stagnation des loyers dans les résidences Crous", note le syndicat.
Pour la première fois, le rapport s'est penché sur les disparités économiques entre étudiants métropolitains et ultramarins. L'Unef détaille plusieurs postes de dépenses pour lesquels les ultramarins mettent davantage la main à la poche: alimentation, transports, services médicaux ou encore téléphonie. Une vie plus chère qui exacerbe la précarité de la population ultramarine, qui compte deux fois plus de boursiers qu'en métropole.
Le syndicat s'appuie sur cette différence pour revendiquer un complément de bourse pour les étudiants ultramarins, à hauteur de 100 euros par mois et par échelon.
