C'est un Nouvel An particulier auquel se préparent les 100 000 forces de l'ordre mobilisées sur le terrain. Couvre-feu oblige, la soirée ne devrait pas être à la fête. Et les policiers et gendarmes déployés sur le territoire vont veiller au grain. Cette fois-ci, pas de tolérance comme à Noël.
Dès le 28 décembre, dans un télégramme que nous avons pu consulter, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a enjoint les préfets de donner des instructions aux forces de l'ordre afin de "mettre en place des dispositifs visibles permettant d'empêcher tout rassemblement sur la voie publique" après 20 heures. Leur action est appelée à être concentrée dans les centres-villes et "les quartiers et zones sensibles les plus sujets à ces phénomènes".
"Rappeler à tous notre détermination"
"Merci de bien concentrer les contrôles dès 20 heures dans les lieux les plus problématiques habituellement afin de vous assurer de l'affirmation de l'autorité de l'État en chaque point du territoire national", insiste le ministre. Alors que les chiffres des contaminations par le Covid-19 restent élevés - autour de 15 000 cas par jour - l'enjeu est de taille. Et le gouvernement ne veut pas donner l'impression d'un laisser-aller. Résultat, le mot d'ordre martelé par le locataire de la place Beauvau est clair : visibilité des hommes en uniforme sur le terrain et tolérance zéro. Et "rappeler à tous notre détermination", selon les mots de Gérald Darmanin.
En amont, des contrôles ont eu lieu chez les revendeurs d'artifice. L'idée étant de s'assurer qu'ils ne se soient pas transformés en "éléments dangereux susceptibles d'être utilisés contre les forces de sécurité intérieure". "On aura toujours les mêmes actions de la part de certains individus, les mêmes problèmes de feux d'artifice utilisés comme mortiers, de voitures brûlées. Couvre-feu ou non, s'ils veulent commettre des délits, ils le feront", estime Grégory Joron, secrétaire général délégué du syndicat Unité SGP Police-FO.
Le nombre de véhicules incendiés - triste tradition du 31 décembre - ne sera pas communiqué, pour éviter toute "compétition" et surenchère. Le nombre d'hommes en uniforme mobilisés est par ailleurs stable par rapport à l'année dernière, il n'y a pas de mobilisation spécifique pour cette fin 2020 particulière.
Les fêtes clandestines dans le viseur
Outre la lutte contre les violences urbaines, une autre mission est érigée en priorité pour cette fin d'année : la lutte contre les fêtes clandestines, phénomène qui a éclos à la faveur de la fermeture des bars, du confinement et du couvre-feu. "Dès qu'un rassemblement de ce type est identifié, je vous demande d'intervenir dans les meilleurs délais", écrit le "premier flic de France" aux préfets. Avec, à chaque fois, la verbalisation des participants et la recherche des organisateurs.
À Paris, la préfecture de police a communiqué à plusieurs reprises sur ce type d'opérations, notamment le week-end ayant suivi Noël où 93 PV ont été dressés. Des personnes devraient comparaître devant le tribunal correctionnel à la rentrée. Dans la capitale par ailleurs, les chiffres des tapages nocturnes ont explosé depuis septembre : une hausse de 146% par rapport à la même période en 2019, comme l'a révélé LCI. C'est l'un des outils d'intervention des forces de l'ordre après un signalement du voisinage. Car si le gouvernement mise sur la "responsabilité de chacun" pour réussir à maîtriser l'épidémie, le Premier ministre l'avait reconnu le 11 décembre : "Je ne peux pas interdire aux gens de dormir chez quelqu'un".
