Alors que les fruits colorés et tant attendus de l'été font leur apparition, les conclusions du rapport de l'ONG Pesticide Action Network, publié mardi 24 mai, pourraient bien nous les rendre moins appétissants. En effet, 29% des fruits produits en Europe sont contaminés par des pesticides, une tendance à la hausse entre 2011 et 2019 (+ 53%).
Parmi les fruits dont le taux de contamination a le plus progressé sur cette période, citons les cerises (+ 152%) et les kiwis (+ 397%), suivis des pommes (+ 117%), fruit le plus produit en Europe, des poires (+ 103%) et des pêches (+ 52%).
De leur côté, les légumes sont moins exposés aux pesticides. Selon l'étude, 13% des échantillons étaient contaminés en 2019, soit deux points de plus qu'en 2011. Le céleri, le céleri-rave et le chou kale sont les trois principaux concernés (31%).
La France, troisième pays le plus mal classé
Substances utilisées pour détruire les organismes vivants sur les fruits et légumes, les pesticides ont un effet néfaste sur la santé humaine et sur l'environnement. En 2021, une étude de l'Inserm a établi une corrélation entre l'exposition aux pesticides et l'apparition de certaines maladies chroniques comme les cancers. Le cas des agriculteurs est révélateur, puisque 20% d'entre eux ayant été exposés à ces substances rencontrent aujourd'hui des soucis de santé. Les pesticides dégradent également l'environnement en empoisonnant les eaux et les sols, détruisant ainsi la biodiversité.
Dans ce domaine, la France fait partie des mauvais élèves, se classant troisième parmi les pays européens qui ont produit le plus de fruits et légumes contaminés aux pesticides entre 2011 et 2019. Elle est seulement devancée par la Belgique et l'Irlande. Ainsi, la pêche française, fruit emblématique des beaux jours, contient, tous pays européens confondus, le plus de traces de pesticides dangereux (58%).
Pour l'ONG, les gouvernements européens "manquent à leurs obligations", alors qu'ils communiquent régulièrement sur une réduction du nombre de substances toxiques utilisées. Ces résultats mettent aussi à mal un bilan dressé en mai 2021 par la Commission européenne. Celui-ci estimait que la politique de réduction de l'usage de pesticides de 50% d'ici 2030 commençait à porter ses fruits. Tirant la sonnette d'alarme, Pesticide Action Network réclame l'interdiction immédiate des "douze pesticides les plus toxiques" et une élimination "des 55 pesticides très nocifs" d'ici 2030.
