Bottes de pailles et barrages humains : ce jeudi après-midi, plusieurs dizaines de militants de mouvements écolos ont bloqué un centre de distribution du géant Amazon, en région parisienne. Le but ? Dénoncer les dérives du "Black Friday", la grande journée de promotions prévue vendredi.

Entre 50 et 100 militants des groupes ANV-COP21 et Amis de la Terre ont installé des bottes de pailles et formé des barrages humains devant le centre de Brétigny-sur-Orge, dans l'Essonne, du géant américain de la distribution et du numérique. Quelques heures après le début de leur action, ils ont finalement été délogés par les forces de l'ordre.

"Stop expansion, stop surproduction"

Certains ont déployé des banderoles "Amazon : pour le climat, pour l'emploi, stop expansion, stop surproduction", tandis que d'autres bloquaient les accès pour les camions avec de vieux appareils électroménagers ou s'allongeaient par terre en s'enchaînant volontairement les bras avec des "armlocks", un procédé visant à entraver leur évacuation. Ils laissaient en revanche entrer et sortir les employés du centre.

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Cette action intervient à la veille du "Black Friday", journée de promotions venue des États-Unis. Plusieurs organisations ont appelé à des actions ces prochains jours, et notamment vendredi, pour protester contre la surconsommation induite par cette journée, ainsi que la pollution représentée par les millions de livraisons qu'elle engendrera, pour des produits dont beaucoup seront in fine retournés, selon ces militants.

Amazon dénonce de "fausses allégations"

Les militants ont été délogés après environ deux heures d'action par les forces de l'ordre, qui n'ont pas fait usage de gaz lacrymogène. Huit personnes ont été interpellées pour "entrave à la circulation", a-t-on indiqué de source policière.

"Nous respectons le droit de chacun d'exprimer ses opinions, mais sommes en profond désaccord avec le mode opératoire (...), qui diffuse de fausses allégations au service d'un agenda politique", a réagi jeudi Amazon France dans un communiqué.

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Sans évoquer le "Black Friday", le géant du commerce en ligne assure avoir notamment pris des "engagements ambitieux" visant à en faire "une entreprise zéro carbone d'ici 2040".

La polémique a rebondi sur le terrain politique, la ministre de la Transition écologique Élisabeth Borne ayant dans la foulée alerté lundi contre "la frénésie de consommation" et la pollution que génère le "Black Friday". Le Conseil du commerce de France, qui réunit 31 fédérations de commerçants, avait déploré ces critiques et le président de la commission des Finances de l'Assemblée nationale Éric Woerth (LR) a dénoncé une "polémique inutile".