Une page se tourne. Après chaque attentat terroriste, notamment ceux du 13 novembre, le piédestal de la place de la République, à Paris, était devenu le lieu où se déposaient fleurs, bougies ou poèmes en signe de recueillement et de soutien. C'est désormais du passé. Comme elle l'avait annoncé, la Ville de Paris a en effet commencé lundi une grande opération de nettoyage de la statue située au centre de la célèbre place parisienne.
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Les accès au monument ont été barrés par des grillages pour cette opération qui durera jusqu'au 11 août, a indiqué Bruno Julliard, Premier adjoint de la maire PS de Paris Anne Hidalgo.
Documents et objets gardés par les archives de la Ville
Des archivistes de la Ville, comme ils l'ont déjà fait à plusieurs reprises au cours des derniers mois, devaient d'abord sélectionner les derniers objets ou documents ainsi que photographier textes, dessins, graffiti, etc, relatifs aux attentats, avant une numérisation pour que ces témoignages soient préservés. Les documents et objets seront gardés par les archives de la Ville et une partie sera, à plus longue échéance, exposée au musée Carnavalet, musée de l'histoire de Paris.
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Les graffitis, textes, affiches collées, etc, vont être nettoyés du piédestal de pierre du monument par "hydrogommage", avec de l'eau. La statue elle-même, en bronze et qui n'a pas été salie, sera également nettoyée à l'eau. "Il s'agit de tout enlever pour rendre à cette statue et à son socle imposant un caractère normal", a indiqué Bruno Julliard. "C'est un très beau socle aujourd'hui très peu visible et assez abîmé", a-t-il ajouté.
Comme le rappelle BuzzFeed, si le nettoyage de cette place fait polémique depuis plusieurs mois, la Ville de Paris n'a sans doute pas choisi le 1er août par hasard. Il s'agissait d'attendre la fin des réunions publiques du mouvement "Nuit Debout" et des différentes manifestations qui partaient de ou arrivaient à République.
Un travail commun de sauvegarde des objets avec Nice
La Ville de Paris avait lancé dès la fin 2015 une campagne de photographie et de numérisation des témoignages d'hommage qui s'étaient concentrés peu à peu sur la place de la République. Les objets et photos alimenteront un fonds "nécessaire au travail de mémoire et au travail de recherche scientifique", avait indiqué la Ville. La mairie faisait néanmoins enlever régulièrement bouquets de fleurs défraîchis ou objets abîmés par les intempéries, et nettoyer les tags insultants.
Paris travaille actuellement sur la sauvegarde de ces objets avec Nice, également victime d'un attentat le 14 juillet et qui a vu s'accumuler elle aussi les témoignages d'hommages sur la promenade des Anglais.
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