Trois ans après les attentats de janvier 2015, les investigations sur le réseau d'armes dont ont bénéficié les frères Kouachi et Amédy Coulibaly s'accélèrent. Quatre individus, âgés de 30 à 36 ans, ont été placés en garde à vue lundi dans l'enquête sur les meurtres djihadistes commis à la rédaction de Charlie Hebdo, à Montrouge et à l'épicerie juive Hyper Cacher à Paris. Ils sont toujours entendus ce mardi. "Ces gardes à vue visent à préciser le rôle qu'ils ont pu jouer dans la fourniture des armes", précise une source judiciaire à L'Express.

Trois des suspects ont été interpellés dans les Ardennes. Le quatrième était déjà incarcéré pour une autre affaire, de droit commun et non de terrorisme. Il a été extrait de sa maison d'arrêt. Marchands, intermédiaires, complices, receleurs... Les enquêteurs tentent toujours de percer à jour le double réseau tentaculaire, entre le nord de la France et la Belgique, qui a permis aux terroristes d'acquérir des kalachnikovs et tuer 12 personnes lors des attaques. Ils ont désormais la certitude que c'est Amédy Coulibaly qui a pris en charge la logistique, via ses réseaux de délinquance, et qu'il a armé les frères Kouachi.

14 suspects déjà mis en examen dans le volet logistique

Le quotidien L'Union a fait état mardi d'importantes opérations de police menées à Charleville-Mézières et à Nouzonville. Le 7 janvier 2015, les auteurs de l'attentat contre le journal satirique, les frères Chérif et Saïd Kouachi, avaient tué douze personnes. Le lendemain, Amédy Coulibaly avait tué une policière municipale à Montrouge (Hauts-de-Seine), puis abattu le 9 janvier quatre hommes de confession juive dans un supermarché casher de l'Est parisien.

Quatorze hommes sont poursuivis dans cette enquête, soupçonnés à des degrés divers d'avoir apporté une aide logistique à Amédy Coulibaly, mais tous nient avoir eu connaissance du projet terroriste.