Lorsqu'ils extraient le corps de l'assaillant du véhicule embrasé, les gendarmes pensent encore qu'il s'agit d'un banal accident de la route. Mais rapidement, la découverte d'un stock d'armes et deux bonbonnes de gaz entreposés à l'arrière les oriente vers une autre piste.

Lundi, sur l'avenue des Champs-Elysées, des militaires ont échappé de peu à un attentat à la voiture piégée. Le conducteur a été identifié comme étant Adam Lofti Djaziri, un Français radicalisé de 31 ans. Il n'a fait aucun mort, hormis lui-même.

PORTRAIT >> Champs-Elysées: Adam Djaziri, un radicalisé "assidu des stands de tirs"

Les images montrent un début d'incendie envahir la Renault Megane du terroriste et -plus surprenant- un épais panache de fumée d'une teinte orangée s'en échapper. "Lors d'un accident de voiture, la fumée est généralement très noire", observe, circonspect, un sapeur-pompier. Les premières investigations n'ont pas permis à ce stade de déterminer les causes de l'embrasement et du décès, si ces derniers sont liés à la collision ou à une mise à feu improvisée. Les experts et enquêteurs n'ont découvert aucun liquide inflammable ni produit explosif dans l'habitacle. Ni même un quelconque fumigène.

La combustion d'un élément de l'habitacle?

Quant aux bonbonnes de gaz, elles étaient "pleines, non ouvertes et non reliées entre elles", selon une source proche du dossier. "Elles n'ont pas pu provoquer de déflagration. La piste la plus probable est que le terroriste a lui-même allumé un feu, de façon rudimentaire -avec un briquet par exemple-, avant de précipiter son véhicule", explique cette source, estimant que l'assaillant espérait commettre une action kamikaze de grande ampleur. Une autopsie est actuellement pratiquée sur le corps du conducteur, mais il apparaît déjà que ce dernier porte des traces de brûlures.

Dans cette hypothèse, la fumée orange pourrait provenir de la combustion d'un élément de l'habitacle. Des témoins ont évoqué des picotements à la gorge. Les enquêteurs excluent toute utilisation de produits chimiques, tels que du chlore. Si la Renault Megane n'est pas entièrement calcinée, une source ayant assisté aux premières constatations affirme que le siège passager avant n'avait plus de revêtement.

"Il y a forcément un combustible à l'intérieur qui a brûlé. La couleur de la fumée dépend de la matière. En tout cas, si c'était le radiateur, elle serait blanche", souligne un accidentologue. Les matières synthétiques, telles que le viscose, peuvent provoquer des fumées orangées. Les analyses techniques complètes de la voiture ne sont pas attendues avant plusieurs jours.