Le meurtre d'Aurélie Châtelain aurait-il pu être évité? Sid Ahmed Ghlam, auteur du projet d'attentat avorté contre une église de Villejuif en avril, avait été "signalé" par son petit frère comme "se radicalisant", a rapporté mardi le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve. Avant d'être arrêté, le djihadiste aurait tué la professeur de fitness pour, semble-t-il, lui voler sa voiture.

"Le petit frère, âgé de 9 ans, a indiqué aux services que son frère se radicalisait", a dit le ministre à l'Assemblée nationale lors de son audition devant la commission d'enquête sur la surveillance des filières jihadistes. "Il a donc été procédé à l'audition" de Sid Ahmed Ghlam "par les services (...) qui n'a rien révélé", a poursuivi M. Cazeneuve.

Des moyens technologiques sophistiqués

"Malgré cela les services, par delà l'entretien administratif" du suspect "ont estimé qu'il était nécessaire de procéder à un suivi téléphonique de Sid Ahmed Ghlam", a-t-il ajouté. Ce "suivi" n'a "rien révélé", il "n'a pas été constaté qu'il était en relation avec des individus connus de nos services" et "susceptibles de contribuer à la commission d'un attentat".

Dans cette affaire, a aussi dit le ministre, "comme dans d'autres, les moyens technologiques utilisés (..) sont de plus en plus sophistiqués". Il a cité notamment ceux de "cryptologie" pour "échapper au contrôle des services" rappelant ce que prévoit le projet de loi sur le renseignement adopté par les députés pour lutter contre ces "technologies sophistiquées".

"Tous les jours les services de renseignement procèdent au démantèlement de filières de recrutement" ou "terroristes préparant des actes d'attentats" pour "assurer la sécurité de nos ressortissants (...) sans bruit et avec efficacité", a-t-il déclaré devant les députés de la commission.