Cinq mois après la tragédie de la promenade des Anglais, la bataille des chiffres autour du nombre de victimes se poursuit. Et le gouvernement et les associations affichent leurs désaccords. Dans un communiqué publié ce lundi, la secrétaire d'Etat à l'aide aux victimes, Juliette Méadel, affirme que 88% des ayants droit des personnes décédées lors de l'attentat, au nombre de 85, ont d'ores et déjà reçu "une ou plusieurs provisions". Concernant les personnes blessées, le taux atteindrait même 94%.

A ces chiffres s'ajouteraient l'indemnisation de 125 victimes dites "choquées", qui représenteraient toutefois seulement 10% des personnes ayant déposé un dossier pour ce préjudice. Au total, le gouvernement assure avoir déjà versé, via le Fonds de garantie des victimes des actes de terrorisme et d'autres infractions (FGTI), 8,5 millions d'euros d'indemnisation pour le seul dossier de Nice.

"Une communication politicienne"

"Si l'indemnisation des préjudices participe à la reconstruction des victimes, elle n'en est pas le seul moyen. Des mesures fortes ont donc été prises afin que l'ensemble des victimes soient accompagnées psychologiquement", souligne la secrétaire d'Etat.

Interrogé par France Info, le secrétaire général de la Fédération nationale des victimes d'attentats et d'accidents collectifs (Fenvac), Stéphane Gicquel, nuance ce bilan et dénonce "une communication politicienne".

"Le procureur de la République n'a reconnu, pour le moment, que 89 blessés physiques, soit les blessés les plus graves. Toutefois, 270 dossiers ont été déposés pour préjudices physiques. Sur ces 270 personnes, environ 50% ont été indemnisées", explique-t-il.