Quatre personnes nouvelles ont été placées ce mardi matin en garde à vue dans l'enquête sur l'attaque au couteau dans une église de Nice, jeudi dernier, qui a fait trois morts, selon une source judiciaire. Ces quatre hommes ont été interpellés dans le Val-d'Oise. L'un d'eux, âgé de 29 ans, est soupçonné d'avoir été en contact avec l'assaillant tunisien, Brahim Issaoui. Les trois autres, âgés de 23 à 45 ans, étaient présents au domicile du premier, selon cette source.

Jusqu'à ces nouvelles interpellations, six personnes avaient déjà été placées en garde à vue depuis jeudi. Mais toutes ont été relâchées, à l'exception d'un seul suspect, un Tunisien de 29 ans. Cet homme en garde à vue, A. B-A., a voyagé avec l'auteur de l'attaque au couteau, son compatriote Brahim Issaoui, à bord d'un bateau qui a accosté le 20 septembre sur l'île italienne de Lampedusa. Il avait été interpellé samedi après-midi à Grasse (Alpes-Maritime), à une quarantaine de kilomètres de Nice.

Dans le logement qu'il occupait, deux hommes de 25 et 63 ans avaient été arrêtés quelques heures plus tard. Tous deux ont été remis en liberté, a indiqué lundi la source judiciaire. "Ces gardes à vue ont permis de lever des doutes", a précisé une source proche du dossier.

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Les enquêteurs cherchent à déterminer si l'assaillant présumé, Brahim Issaoui, un Tunisien de 21 ans, a pu bénéficier de complicité, et notamment comment il s'est procuré les deux téléphones retrouvés dans un sac contenant des effets personnels. Les deux portables sont en cours d'exploitation. "Il est encore beaucoup trop tôt pour savoir s'il a bénéficié de complicité, quelles ont été ses motivations pour venir en France et quand cette idée a germé en lui", avait dit samedi une autre source proche du dossier.

Brahim Issaoui, grièvement blessé par balles jeudi alors qu'il menaçait les policiers dans l'église, était toujours hospitalisé lundi. "Son pronostic vital ne serait plus engagé", a précisé une source proche du dossier, les enquêteurs espérant pouvoir l'interroger dans la journée. Selon BFMTV, Brahim Issaoui a été testé positif au Covid-19. Les pompiers et les policiers qui sont intervenus lors de l'attentat, désormais cas contacts, vont donc devoir se faire tester à leur tour.

Antécédents judiciaires en Tunisie

Dans un entretien au journal la Voix du Nordpublié dimanche, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a estimé que l'auteur présumé de l'attaque mortelle était "manifestement" venu en France "pour tuer". "Comment expliquer sinon pourquoi il s'est armé de plusieurs couteaux à peine arrivé", a affirmé le ministre. "Bien sûr, il appartient au procureur antiterroriste de définir quand son projet meurtrier s'est construit. Mais il n'est visiblement pas venu pour obtenir des papiers", a-t-il ajouté.

Brahim Issaoui, qui avait des antécédents judiciaires de droit commun - violence et drogue -, avait quitté mi-septembre la ville de Sfax, au centre de la Tunisie, où il vivait avec sa famille. Arrivé à Lampedusa, il aurait été placé en quarantaine avec près de 400 migrants sur le ferry "Rhapsody" selon la presse italienne, avant de débarquer sur le continent à Bari, dans le sud de l'Italie, le 9 octobre.

L'enquête a pu déterminer qu'il était arrivé à Nice mardi. Il a été repéré par des caméras de vidéosurveillance à proximité de la basilique la veille des faits. Jeudi, dans la basilique Notre-Dame-de-l'Assomption, il a égorgé une femme de 60 ans, Nadine Devillers, et le sacristain, Vincent Loquès, âgé de 55 ans. Une mère de famille brésilienne de 44 ans, Simone Barreto Silva, poignardée à plusieurs reprises, est décédée dans un restaurant à proximité où elle s'était réfugiée.