Cinquante-neuf réfugiés de L'Aquarius et d'un autre navire humanitaire, qui avaient accosté à Malte mi-août, sont arrivés ce jeudi en France, alors que les tensions restent vives en Europe autour de la question de l'accueil des migrants. Partis de La Valette jeudi matin par un vol charter affrété par la France, ces réfugiés sont arrivés vers 11h à l'aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle.
Avec cette opération, la cinquième depuis juin, la France veut faire la preuve de l'efficacité du "mécanisme européen pérenne" qu'elle défend dans la crise européenne autour de l'accueil des migrants. 260 personnes ont été accueillies par la France dans ce cadre.
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Les 59 réfugiés avaient été entendus à Malte par l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (Ofpra) qui avait envoyé une mission pour s'assurer que ces réfugiés correspondaient bien aux critères de l'asile. Fatigués mais souriants, avec pour seul bagage un sac à dos rouge, les réfugiés, dont douze femmes seules et une famille de cinq enfants, ont immédiatement été répartis dans des bus.
Parmi eux se trouvent "16 Soudanais, 25 Érythréens, 10 Somaliens, ainsi que quelques Camerounais, Ivoiriens et Nigérians", a indiqué Didier Leschi, le directeur général de l'Ofii (Office français de l'immigration et de l'intégration). Ils devaient ensuite gagner des centres d'accueil "en Bourgogne, Franche-Comté et dans le Grand Est", où le statut de réfugié leur sera rapidement délivré, au terme d'une procédure "accélérée", a précisé Didier Leschi.
L'Aquarius avait accosté à Malte le 16 août ,après avoir erré plusieurs jours en Méditerranée avec 141 migrants épuisés à son bord. La veille, 114 migrants étaient arrivés sur l'île à bord d'un autre bateau, et la France s'était engagée à accueillir 60 réfugiés. Au total, cinq pays se sont engagés à se répartir des réfugiés de ces deux navires.
"Une solution pérenne est indispensable"
Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb a souligné dans un communiqué que "la France est toutefois le premier État membre de l'UE à mettre en oeuvre son engagement". "La France est à nouveau à l'initiative, conformément à nos valeurs et à l'exigence de solidarité pour faire face au défi migratoire de façon coordonnée et concertée au niveau européen, malgré la crise politique actuelle", a-t-il commenté.
Gérard Collomb a néanmoins rappelé que "les réponses au cas par cas aux débarquements de ces dernières semaines ne sont pas satisfaisantes: une solution pérenne est indispensable à l'échelle européenne".
La crise avait débuté mi-juin lorsque le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Salvini, avait refusé de laisser accoster L'Aquarius, qui avait erré pendant une semaine avant que le port espagnol de Valence accepte de laisser les migrants débarquer.
