C'est un combat lourd de sens pour les parents de Guillaume Valette. Ce survivant de l'attaque terroriste du Bataclan s'est donné la mort en novembre 2017. Selon Le Parisien, la justice, pourrait, comme le souhaitent ses parents, reconnaître son statut de victime directe des attaques. S'il n'avait pas conservé de blessures physiques, cet analyste dans un laboratoire scientifique souffrait d'un fort stress post-traumatique.

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Si la cour d'assises qui sera en charge du dossier des attaques terroristes du 13 novembre 2015 confirme la position des juges d'instruction, Guillaume Valette sera bien considéré comme le 131e mort. Le quotidien indique que ce trentenaire avait été interné dans une clinique psychiatrique du Val-de-Marne un mois et demi avant de se pendre. Son état psychologique se serait aggravé au fil des mois, depuis l'été 2017.

"La conséquence ultime de l'attentat du 13-Novembre"

"Il était devenu hyper-vigilant. Il n'allait plus au cinéma, car il avait peur d'être confiné, il faisait attention aux paquets abandonnés dans le métro... Et comme il ne supportait pas qu'on reparle de l'attentat, il fallait couper la télévision ou la radio dès qu'un sujet y faisait référence", avaient déclaré ses parents, après son décès, dans une touchante interview donnée au Parisien.

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Depuis, tous les deux ont reçu un avis des juges, afin de se constituer partie civile au futur procès qui devra juger les auteurs et complices des attaques. Les juges d'instruction qui demandent sa reconnaissance en tant que victime directe estiment, en se basant sur un rapport médical, que son suicide est lié à l'attaque puisque l'homme ne présentait pas d'antécédent psychiatrique avant les attentats. "Le suicide de M. Valette Guillaume est donc bien la conséquence ultime de l'attentat du 13-Novembre", écrit dans son rapport confié aux magistrats une psychiatre spécialisée dans la réparation juridique du dommage corporel.

"L'histoire de Guillaume doit alerter les pouvoirs publics"

"L'histoire de Guillaume doit alerter les pouvoirs publics sur le nécessaire accompagnement des victimes d'attentats sur la durée", a commenté auprès du Parisien Me Claire Josserand Schmidt, l'avocate des parents du jeune homme. "Notre système d'indemnisation devrait aussi en tirer les conséquences : si les atteintes fonctionnelles sont plutôt bien évaluées en cas de blessures corporelles, nous en sommes encore très loin s'agissant des blessures psychiques", insiste-t-elle.

Cette nouvelle intervient alors que Tahar Mejri, un homme de 42 ans qui avait perdu son fils de 4 ans Kylan et sa femme Olfa dans l'attentat de Nice le 14 juillet 2016, s'est éteint, à l'âge de 42 ans. Pour ses proches, le suicide de fait que peu de doutes. Pour l'association des victimes La Promenade des Anges, le père de famille "n'a pas réussi à le sortir de son indicible souffrance".