Comment enrayer l'épidémie de fake news sur les réseaux sociaux ? Ces derniers ont beau financer la production d'informations de qualité et vouloir signaler des contenus douteux aux internautes, le compte n'y est pas. Plusieurs rapports pointent les énormes trous dans la raquette de Mark Zuckerberg. Resserrer la vis est nécessaire. D'autant que les propagateurs les plus toxiques sont bien identifiés (sur Facebook, les 10 plus gros seraient à l'origine de 69% des interactions avec des contenus de désinformation climatique).
Les géants de la tech ont les moyens d'intervenir. Mais qu'on ne s'y trompe pas. Il ne s'agit en rien d'une solution miracle. Pour une partie de la population, relayer les fake news répond à un désir de chaos, constate une étude de l'université de Durham, en Caroline du Nord (Etats-Unis). En d'autres termes, il y aura toujours quelqu'un pour relayer de fausses informations, en dépit de tous les avertissements visibles à l'écran.
Nos biais psychologiques ne s'arrêtent pas là. En matière de climat, il existe au moins 12 raisons qui nous poussent à l'inaction, même si nous adhérons à la thèse d'un réchauffement anthropique, selon un article de l'université de Cambridge (Angleterre) : certains défaitistes pensent qu'on n'arrivera jamais à stabiliser le climat, d'autres considèrent qu'agir coûterait trop cher ou créerait des inégalités en excès ; d'aucuns, enfin, n'accepteront de bouger que "si les autres bougent ". Pour dépasser ces biais, nous avons surtout besoin de rationalité. Et pas seulement d'algorithmes anti-fake news.
