Le Conseil d'Etat a tranché. Le gouvernement s'est incliné: le projet de loi sur la bioéthique soumis au Conseil des ministres ne comporte plus la possibilité de recourir au clonage thérapeutique. Pourtant, Lionel Jospin avait inscrit, en novembre 2000, cette éventualité dans ce texte révisant la loi de 1994. Mais ce point cristallise des positions profondément antagonistes. Certains considèrent le clonage thérapeutique comme l'antichambre du clonage reproductif, unanimement condamné. A l'opposé, les tenants du clonage thérapeutique vantent l'espoir de guérir un jour, grâce à lui, des maladies incurables.

Depuis novembre, le projet a été soumis à différentes instances. La Commission consultative des droits de l'homme s'y est opposée, le Comité consultatif national d'éthique l'a adopté à deux voix de majorité... Surtout, en février 2001, le président de la République a violemment contesté le clonage thérapeutique. Au Conseil d'Etat, le rapporteur a jugé le projet en contradiction avec la loi de 1994, qui pose pour principe l'interdiction de créer des embryons pour la recherche. Un principe repris par le texte, mais assorti d'une exception. Il faut, dit en substance le rapporteur, ou abandonner le principe général, ou le maintenir sans exception. Au bout de deux heures de discussion sur ce point, le Conseil d'Etat s'est prononcé à une voix de majorité en faveur de la position du rapporteur. Reste une question: quand la loi sera-t-elle définitivement adoptée? Les chercheurs s'impatientent alors que certains politiques estiment qu'il est urgent d'attendre.