"On va mobiliser des bras supplémentaires" pour assurer la vaccination contre la variole du singe. C'est ce qu'a déclaré lundi 25 juillet sur BFMTV le ministre de la Santé, François Braun. Les "étudiants en santé" pourront notamment se charger de ces vaccinations, a précisé le ministère à l'AFP. Un arrêté paraîtra ce mardi 26 juillet au Journal officiel pour détailler les modalités du projet.

"A ce jour, plus d'une centaine de centres de vaccination sont en place, plus de 42 000 doses ont été déstockées, plus de 6000 personnes ont reçu cette vaccination préventive", a souligné le ministre, alors que des élus et des associations critiquent l'attitude du gouvernement face à l'épidémie. "Nous avons largement le nombre de doses suffisantes pour la population qui est principalement à risque et principalement concernée par cette maladie", a assuré François Braun.

Un nouveau centre à Paris

La mairie de Paris a réclamé lundi des "mesures d'urgence" de l'Etat pour obtenir plus de doses et de personnel vaccinant contre cette maladie, à la veille de l'ouverture d'un centre de vaccination spécifique dans la capitale qui concentre une grande partie des cas français. Ce centre qui s'ouvre ce mardi dans le XIIIe arrondissement de la capitale "va pouvoir augmenter très significativement le volume des vaccinations", a assuré le ministre sur BFMTV. Ce centre Edison, qui sera ouvert du lundi au vendredi de 9 heures à 18 heures et le samedi matin, fonctionnera dans un premier temps avec une dizaine de vacataires professionnels de santé, a indiqué à l'AFP Anne Souyris, adjointe de la maire de Paris Anne Hidalgo en charge de la Santé, qui vise "10 000 doses par semaine à Paris".

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Ce centre vient en complément de la douzaine d'hôpitaux et des cinq centres de santé sexuelle (CSD) franciliens qui vaccinent déjà. Pour mémoire : la vaccination contre la variole du singe est ouverte depuis le 11 juillet aux hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes et aux personnes trans multipartenaires ; aux professionnels exerçant dans des lieux de consommation sexuelle ainsi qu'aux personnes se trouvant en situation de prostitution. Celle-ci consiste en deux injections distantes de 28 jours. Le niveau d'efficacité serait de 85%, renseigne l'Institut Pasteur.

Des recrutements supplémentaires pourraient aussi permettre d'ouvrir un deuxième lieu de vaccination spécifique d'ici la fin de la semaine, a enfin ajouté Anne Souyris. Selon Santé Publique France, la région capitale recensait jeudi en nombre de résidents près de la moitié (726) des 1567 cas confirmés de Monkeypox en France. Pour Aides, ce sont de 100 000 à 300 000 personnes qui auraient besoin d'une vaccination anti-variolique dans l'Hexagone.

Elus et associations dénoncent le manque de moyens

De son côté, l'Inter-LGBT s'est insurgée face au "manque de préparation et de transparence du gouvernement", évoquant des "difficultés à prendre rendez-vous" pour une vaccination et des "livraisons de doses insuffisantes". Avant cela, l'association AIDES de lutte contre le VIH avait réclamé jeudi dernier "le déploiement par l'Etat d'une campagne de vaccination 'coup de poing', s'appuyant sur les professionnels de santé libéraux volontaires" en particulier implantés sur les "lieux de villégiature".

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Le gouvernement a annoncé le 8 juillet l'élargissement de la vaccination aux "hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes et les personnes trans rapportant des partenaires sexuels multiples", aux "personnes en situation de prostitution" et aux "professionnels des lieux de consommation sexuelle". Elle était auparavant seulement proposée aux adultes ayant eu un contact à risque avec un malade. Le diagnostic de ce virus Monkeypox repose sur l'examen et l'interrogatoire du patient. Des tests, notamment PCR, peuvent aussi confirmer le diagnostic.

La Haute autorité de santé s'est prononcée lundi pour le remboursement par l'Assurance maladie de ces tests de détection, précisant qu'ils ne doivent intervenir qu'"en cas de doute persistant après examen clinique".