Le coup d'envoi est donné pour la vaccination à grande échelle des adolescents en France. Plusieurs conditions sont nécessaires pour vacciner les 12-18 ans, avec un objectif : limiter au maximum la propagation de la pandémie. Un nouveau stade de la vaccination bienvenue quand on constate que le variant Delta progresse sur le territoire français, où il représente "2 à 4%" des cas positifs. Mais sa diffusion ne concerne pas uniquement la France : il inquiète l'OMS qui demande plus de vaccins et paralyse l'Angleterre qui fait le choix de repousser la levée des restrictions de quatre semaines tout en augmentant sa jauge pour la finale de l'Euro notamment.

Ouverture de la vaccination aux adolescents

Nouvelle étape dans la campagne de vaccination en France : à partir de ce mardi, les adolescents peuvent se faire vacciner contre le Covid-19. L'enjeu est clair : limiter au maximum la circulation du virus. Plusieurs conditions strictes sont posées. D'abord, il faut avoir entre 12 et 18 ans. L'opération concerne environ 3 millions et demi de personnes. Ensuite, il faut que les deux parents soient d'accord et que l'enfant ait donné son consentement. Lors de la vaccination, un des parents devra être présent. L'injection de la dose doit obligatoirement être réalisé dans un centre. Une exception est fixée : pour les adolescents qui auraient développé un syndrome inflammatoire multi-systémique pédiatrique (PIMS) à la suite d'une infection par le SARS-CoV-2, la vaccination n'est pas recommandée. 62 000 inscriptions ont été enregistrés lundi sur Doctolib. "C'est une très bonne surprise, une adhésion plus forte que prévu", a confirmé le patron du site, Stanislas Niox-Chateau.

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Jusqu'ici, les jeunes de 16 et 17 ans pouvaient être vaccinés dans deux cas de figure : s'ils souffraient d'une pathologie à très haut risque de forme grave de Covid-19 ou s'il s'agissait de proches de personnes immunodéprimées.

La vaccination des adolescents ne sera possible qu'en centre avec le vaccin PfizerBioNTech, le seul à ce jour à disposer d'une autorisation de mise sur le marché pour cette tranche d'âge. Moderna, qui a fait une demande la semaine dernière, attend la réponse de l'Union européenne.

2 à 4% de variants Delta détectés dans les tests Covid en France

Mauvaise nouvelle pour la France : le variant indien Delta se propage sur le territoire. "Actuellement, 2 à 4% des tests positifs que nous criblons correspondent à du variant indien, ce qui représente quand même, je donne une fourchette assez large, de l'ordre de 50 à 150 nouveaux diagnostics de variant Delta dans notre pays", a déclaré le ministre de la Santé Véran, lors d'un déplacement dans un centre de vaccination à Paris.

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"C'est peut-être encore peu, mais c'était la situation anglaise il y a quelques semaines", a-t-il ajouté, rappelant que le variant Delta "représente plus de 90% des cas en circulation" outre-Manche, où l'épidémie est repartie "sur une trajectoire ascendante", avec "quasiment deux fois plus de cas quotidiens" que dans l'Hexagone, malgré "un taux de couverture vaccinale supérieur au nôtre". Raison de plus pour "ne pas relâcher notre vigilance collective", a-t-il insisté.

Délai de trois semaines possibles entre deux doses

Bonne nouvelle pour les vacanciers : il sera bientôt possible d'attendre seulement trois semaines entre deux injections de vaccin à ARN messager. Les vaccins Pfizer et Moderna sont concernés. "Nous mettons en place une souplesse pour l'écart entre deux doses d'ARN messager", a indiqué le ministère de la santé lors d'un point-presse hebdomadaire ce mardi.

Les délais avaient déjà été élargis récemment d'un minimum de 35 à 49 jours, et l'écart va être "encore réduit dans la limite des 21 jours" prévus par les recommandations des laboratoires qui produisent ces vaccins. L'objectif est d"aller le plus vite possible dans les primo-injections" et de "ne pas freiner l'accès à la première dose à cause des vacances", a expliqué le ministère.

Augmentation de la jauge pour l'Euro en Angleterre

Les supporters vont être contents : la jauge fixée pour les demi-finales et la finale de l'Euro 2020 a été augmentée. 40 000 spectateurs pourront voir s'affronter les quatre finalistes de la compétition dans le stade Wembley. La plus grande foule réunie au Royaume-Uni depuis plus de quinze mois.

Cette nouvelle autorisation émane des autorités qui ont augmenté lundi la jauge dans le cadre d'évènements publics-test. "Nous voulons rassembler des preuves supplémentaires sur la façon dont nous pouvons reprendre les grands événements en toute sécurité", a déclaré le ministre de la Culture, Oliver Dowden.

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Paradoxalement, l'Angleterre fait face à une nouvelle augmentation des cas de Covid-19, notamment avec la propagation du variant indien. Face à l'inquiétude des scientifiques, le Premier ministre Boris Johnson a d'ailleurs décidé de repousser la levée des restrictions de quatre semaines. "Nous sommes très préoccupés par le variant Delta qui se propage plus rapidement que prévu dans la feuille de route de février" a expliqué le dirigeant, qui préfère donc "attendre jusqu'au 19 juillet, pour donner au (service de santé) le temps supplémentaire nécessaire".

En Israël, fin de l'obligation du masque dans les lieux publics fermés

Plus de masque obligatoire dans les lieux publics fermés : c'est la bonne nouvelle pour les Israéliens. Le gouvernement a annoncé lundi soir la fin imminente de l'obligation de porter un masque dans les lieux publics fermés. Cette règle constituait l'une des dernières mesures en vigueur dans l'Etat hébreu pour lutter contre le Covid-19.

Déjà début juin, Israël avait assoupli les restrictions sanitaires pour ses habitants. Le pays maintient encore des mesures drastiques pour les visiteurs arrivant de l'étranger.

L'OMS demande plus de vaccins et de moyens

Ce n'est pas suffisant : l'OMS alerte sur la disproportion entre les moyens déployés pour éradiquer la pandémie et la propagation du virus et des variants. L'organisation internationale estime notamment que les promesses du G7 sont insuffisantes et que le soutien financier international laisse à désirer. Pour inverser la tendance, elle a appelé lundi à une grande solidarité.

"Le virus se déplace plus rapidement que la distribution mondiale de vaccins", a déploré lundi le patron de l'organisation, Tedros Adhanom Ghebreyesus. "Il nous en faut plus, et plus vite. Plus de 10 000 personnes meurent chaque jour. (...) Ces communautés ont besoin de vaccins, et elles en ont besoin maintenant, pas l'année prochaine !" a-t-il martelé en conférence de presse. Covax a livré au 14 juin plus de 85 millions de doses dans 131 pays et territoires, bien moins que prévu.

Pfizer et Astrazeneca efficaces contre le variant indien selon une étude

Si vous avez reçu deux doses des vaccins Pfizer/BioNTech ou AstraZeneca, vous êtes protégés à plus de 90% contre les hospitalisations liées au Covid-19, selon l'étude publiée par le Public Health England (PHE). Le rapport affirme que cette protection vaut aussi pour le variant Delta, initialement apparu en Inde. "Cette preuve de l'efficacité de deux doses contre les variants montre à quel point il est crucial de se faire vacciner une deuxième fois", a estimé le ministre de la Santé britannique Matt Hancock.

En parallèle, l'entreprise Novavax a aussi affirmé lundi que son vaccin est efficace à 90% sur les variants. L'entreprise de biotechnologie américaine revendique un tel résultat après une étude réalisée sur près de 30 000 personnes aux Etats-Unis et au Mexique. Novavax estime être en mesure de produire 100 millions de doses par mois, puis 150 millions d'ici la fin de l'année. Une bonne nouvelle pour le dispositif Covax.

En Inde, réouverture du Taj Mahal

La culture et le tourisme se déconfinent en Inde : le Taj Mahal va rouvrir ses portes cette semaine, a annoncé lundi le gouvernement indien. La plus grande attraction touristique du pays était fermée depuis deux mois à cause d'une flambée meurtrière de l'épidémie de Covid-19.

Les grandes villes, dont la capitale New Delhi et le centre financier de Bombay, ont commencé à lever les restrictions de déplacement et d'activités.