Votre traitement habituel va-t-il l'été? Quelques médicaments couramment prescrits sont photosensibilisants, c'est-à-dire qu'ils ne font pas bon ménage avec le soleil. Associée à la prise de certains antibiotiques ou anti-inflammatoires par exemple, l'exposition aux UVA -même par temps nuageux ou dernière une vitre- peut entraîner des brûlures potentiellement sévères, des picotements, des érythèmes et des démangeaisons.
L'Express fait le point sur les médicaments les plus couramment impliqués dans des réactions de photosensibilisation.
Les traitements photosensibilisants appliqués localement
Antiacnéiques: adapalène (Différine), isotrétinoïne (Antibiotrex), peroxyde de benzoyle (Catacnyl, Pannogel, Eclaran...etc) et tretinoïne (Effederm, Erylik, Ketrel, Retin-A... etc)
Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS): kétoprofène (Ketum), piroxicam (Geldène)
Antiseptiques: tous ceux contenant du triclocarban (Solubacter, Nobacter, Septivon), de la chlorhexidine (Biseptine, Septeal, Cyteal, Dermaspray...) ou de l'hexamidine (Hexomedine).
Attention aux antimoustiques
Les antimoustiques à base d'huile essentielle (HE) de citronnelle sont aussi photosensibilisants. De manière générale, l'application cutanée des HE est à proscrire au soleil. Penchez-vous sur les étiquettes: de nombreux parfums et cosmétiques en contiennent.
Les traitements photosensibilisants par voie générale
Antibiotiques: ceux de la classe des quinolones (Ciflox, Uniflox, Peflacine, Oflocet, Noroxine, etc), des cyclines, en particulier la doxycycline, prescrite comme antibiotique (Doxy Gé, Vibramycine, Tolexine, Granudoxy...) et comme antipaludéen sous le nom Doxypalu.
Antiacnéiques: l'isotrétinoïne (Procuta, Curacné)
Antiarythmiques (1): l'amiodarone (Cordarone)
Anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS): acide tiaprofénique (Surgam), diclofénac (Artotec, Voltarène), indométacine (Indocid, Indocollyre), kétoprofène (Ketum, Profenid, Bi-Profenid, Toprec)
Faut-il arrêter son traitement?
Pas question d'interrompre le traitement de son propre chef. Avant de s'exposer, le patient doit faire le point avec son médecin. "Les mesures de prévention doivent être prises très à l'avance, précise le Pr Dreux (2), président du Comité d'éducation sanitaire et sociale de la pharmacie française (Cespharm). L'effet photosensibilisant de la doxycycline, par exemple, peut perdurer jusqu'à quinze jours après l'arrêt du traitement".
Selon le médicament pris et la pathologie concernée, le traitement pourra être interrompu ou adapté, en appliquant un crème le soir à la place du matin par exemple. Certaines pathologies, comme l'arythmie cardiaque, ne permettent pas d'arrêter la médication. "Dans ce cas, si l'exposition au soleil est difficilement évitable, il faudra se protéger avec une crème solaire à indice important et le port de vêtements adaptés", conseille le Pr Claude Dreux.