La Franco-Britannique Helen Lee est directrice de recherche à l'université de Cambridge. Elle est à l'origine d'un appareil de diagnostic anti-VIH pour les pays en voie de développement, primé ce jeudi à Lisbonne, par le "prix populaire", du Prix de l'inventeur européen.
"De la taille d'une machine à café, il ne requiert pas de transport réfrigéré et je peux former quelqu'un à son utilisation en 10 minutes", détaille Helen Lee. 60 000 internautes ont voté pour sa machine, opérationnelle depuis 2012. Elle nécessite le prélèvement de quelques gouttes de sang et donne des résultats instantanés et fiables. Utilisé notamment par Médecins sans frontières, son kit a déjà permis de dépister 40 000 personnes au Malawi et en Ouganda.
Quatre Français parmi les finalistes
Cinq autres inventeurs ont été récompensés par ce prix décerné chaque année depuis 2006 par l'Office européen des brevets (OEB). Un jury d'experts et, depuis trois ans, des internautes, départagent 15 finalistes choisis parmi 400 candidatures. Un autre Français a été reçu un prix, cette fois dans la catégorie "recherche".
Le neurochirurgien Alim-Louis Benabid a quant à lui été salué pour son traitement des symptômes de la maladie de Parkinson par stimulation électrique, à l'aide d'électrodes implantées dans le cerveau. Cette technique mise au point en 1987 est devenue une norme clinique, déjà appliquée à 150 000 personnes dans le monde.
La santé et environnement à l'honneur
Dans la catégorie "PME", le jury a récompensé les inventeurs d'un procédé permettant de neutraliser jusqu'à 99% des émissions d'oxydes d'azote, polluant émis notamment par les moteurs diesel, en utilisant de l'ammoniac solide. Le scientifique danois Tue Johannessen et son équipe sont à l'origine de cette technologie qui équipe depuis septembre la moitié de la flotte de bus de Copenhague. Ils visent désormais Londres, Séoul et les métropoles chinoises de Pékin et Shanghai, avant de s'attaquer aux véhicules particuliers.
Deux autres se trouvaient dans les 15 finalistes de ce prix. Pierre-Yan Liardet et son collègue belge Joan Daemen qui ont développé une méthode de cryptage des cartes à puces renforçant la sécurité contre la fraude, par le blocage du clonage des cartes. Le cardiologue Alain Carpentier est quant à lui le précurseur des techniques de remplacement des valves cardiaques, qui a créé et développé le premier coeur artificiel entièrement implantable au sein de la société Carmat.
