C'est la plus forte augmentation observée depuis trente ans en France. Les dépenses de santé ont atteint, en 2021, 226,7 milliards d'euros selon un rapport de la direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) publié ce jeudi 15 septembre. La hausse est spectaculaire : elle atteint 7,9% par rapport à 2020, où la santé avait connu un coup de frein historique en raison des effets très contrastés de l'épidémie de Covid-19. En moyenne, les dépenses liées à l'hôpital croissent de 3,5 % chaque année depuis 1980.

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Certains secteurs de la santé, comme les soins chez les dentistes, profitent d'un bond spectaculaire : +22,5% pour les professionnels des gencives et des caries. La "consommation de soins" hospitaliers a, par ailleurs, augmenté de 6,2%, s'expliquant par "un rebond important de l'activité", détaille la Drees. Surtout, l'année 2020 avait été marquée par un recul très net des dépenses, en pleine crise sanitaire liée à la pandémie du Covid-19.

Une année 2020 en chute libre

L'année 2020 était celle de la "chute d'activité engendrée par les mesures de restrictions sanitaires", indique le service statistique des ministères sociaux. En effet, les préoccupations soulevées par la circulation accrue du coronavirus et le report de nombreux actes de soin afin de mobiliser le personnel soignant dans les salles de réanimation ont conduit à un exode des cabinets dentaires ou des ophtalmologues, par exemple. C'est également le cas des laboratoires d'analyses biologiques hors tests PCR, qui ont vu leur consommation rebondir (+9,5%), après avoir connu une baisse en 2020.

L'action du gouvernement saluée

Aux yeux de la Drees, cette hausse des dépenses s'explique également par la hausse des salaires inscrite dans le "Ségur de la santé". La réforme "100% santé", qui permet le remboursement intégral de certains soins, semble également avoir donné un coup de fouet, notamment sur le volet des audioprothèses, dont la consommation a crû de 60%. L'effet se remarque tout autant sur les prothèses dentaires (près de 40% d'augmentation) ou pour l'optique médicale (+15,8%).

Quelle part prise en charge par l'État ?

Sur l'ensemble de ces dépenses, la part prise en charge par la Sécurité sociale, déjà historiquement élevée, s'est encore légèrement accrue à 79,8%. Les complémentaires santé, dont les remboursements avaient diminué en 2020, ont elles aussi davantage contribué, à hauteur de 12,9%. Le "reste à charge" acquitté par les ménages a pourtant lui aussi progressé, à 7%, soit 15,8 milliards d'euros. La France reste toutefois le deuxième pays de l'OCDE, derrière le Luxembourg, où ce taux est le plus faible, note la Drees.