Marcel Geslin, atteint de la maladie de Parkinson, est décédé l'année dernière à l'âge de 74 ans. Mais ce lundi, il a obtenu la reconnaissance de l'origine professionnelle de sa maladie auprès du Tribunal des affaires de sécurité sociale (Tass) du Maine-et-Loire.
"Il travaillait dans les rangs pendant et après les traitements"
"Ce n'est pas qu'une victoire pour l'honneur. Nous souhaitons qu'elle contribue à faire évoluer la législation sur les maladies professionnelles liées aux produits phytosanitaires, afin que ce qui est arrivé à mon frère n'arrive plus", a commenté Michel Geslin, frère et tuteur de Marcel, qui a mené le combat administratif pour obtenir cette reconnaissance.
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"Il ne manipulait pas lui-même les produits phytosanitaires. Mais comme tous les employés à l'époque, il travaillait dans les rangs pendant et après les traitements", rapporte Michel Geslin. Employé pendant 37 ans dans la même entreprise arboricole à Loiré (à l'ouest d'Angers) où il a passé toute sa vie, Marcel Geslin était préposé à l'entretien des vergers, la taille, l'éclaircissage, la cueillette...
"C'est un parcours du combattant"
Apparus en 2008 après son départ en retraite, ses troubles ont été diagnostiqués "de type Alzheimer" avant d'être requalifiés en "maladie de Parkinson" quelques années plus tard, entraînant l'ouverture d'une demande de reconnaissance en maladie professionnelle provoquée par les pesticides. "Cette reconnaissance nous a été refusée une première fois en 2017 parce que le certificat initial de son médecin traitant n'avait fait mention que de 'troubles de mémoire'. Alors même que la MSA [Mutualité sociale agricole] disposait de tous les avis des spécialistes", regrette Michel Geslin.
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Un deuxième refus sera opposé à la famille en 2018 pour des questions de délai d'instruction. C'est l'avis du Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles de Bretagne, où le cas de Marcel Geslin a été délocalisé, qui se révélera décisif. "C'est un cas emblématique car il montre que les organismes de protection sociale agricole, bien que parfaitement informés, préfèrent laisser filer. Pour qui veut faire reconnaître sa maladie, c'est un parcours du combattant", assure Michel Besnard, porte-parole du Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l'Ouest.
Si les statistiques nationales pour les maladies professionnelles liées aux produits phytosanitaires n'existent pas, Phytovictimes, autre association d'aides aux victimes professionnelles, a recensé 429 dossiers depuis sa création en 2011, dont 92 pour des maladies de Parkinson.
