L'Agence nationale sanitaire (Anses) a rendu public ce mardi son rapport sur les risques liés à l'exposition aux ondes électromagnétiques. Bilan: elle préconise une réduction de ces expositions même en l'absence de risque avéré. Elle estime de plus qu'il n'est pas nécessaire de modifier la règlementation en vigueur. Un "attentisme" que dénonce par François Veillerette, membre de l'ONG Générations Futures.

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Que vous inspire l'avis de l'Anses sur les risques liés aux ondes électromagnétiques?

Nous sommes face à un risque qui me paraît avéré: d'autres études l'ont déjà démontré. Je pense notamment aux rapports BioInitiative publiés en 2007, puis 2013. Documents validés par la suite par l'Agence européenne pour l'environnement...

Le coeur du problème réside dans le fait que des produits ont été mis sur le marché sans évaluation a priori. Le meilleur exemple étant le téléphone portable. Aujourd'hui, on ne fait que constater les dégâts.

L'étude conclut pourtant qu'il n'existe pas "d'effet avéré sur la santé". Elle ne préconise pas non plus de revoir à la baisse les seuils d'exposition aux ondes...

L'étude affirme qu'il n'y a pas "d'effet avéré" sur la santé mais reconnaît néanmoins l'existence de modifications biologiques sur le corps [changements d'ordre biochimique, physiologique ou comportemental qui sont induits dans une cellule, un tissu, ou un organisme en réponse à une stimulation extérieure, NDLR]. En admettant ces changements, elle confesse donc l'existence d'un risque. Et si risque il y a, il est nécessaire de mettre en avant le principe de précaution.

Concernant le cas particulier des téléphones portables [l'Anses recommande de limiter l'exposition des enfants à ces ondes, NDLR], il faudrait impérativement gérer différemment le réseau: la généralisation du réseau 4G en France, sans véritable évaluation préalable, est pour le moins inquiétante. Il ne s'agit pas d'être contre les avancées technologiques, à partir du moment où elles ne se font pas au détriment de la santé générale!

Comment agir, alors?

D'une manière générale, nous préconisons une étude de risque sérieuse, avant toute mise sur le marché. Des enquêtes assez nombreuses montrent les risques encourus à partir d'un certain seuil d'exposition: il faut donc se limiter à ce seuil. Je ne pense malheureusement pas que Fleur Pellerin [ministre déléguée à l'Innovation et à l'Economie numérique, NDLR] partage mon opinion.