Les femmes enceintes vivant à plus de 45 minutes d'une maternité bénéficieront bientôt d'une aide du gouvernement. Les députés ont approuvé ce vendredi la prise en charge d'un forfait hébergement et transports pour ces futures mamans, lors du projet de budget 2020 de la Sécu. Mais les députés communistes et Insoumis critiquent cette mesure, qui reste selon eux "une fausse bonne idée".

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Le dispositif et ses seuils (distance du domicile, périodes d'attribution...) devront être précisés par décret en Conseil d'État. Environ 60 000 femmes pourraient être concernées par ce projet, chiffré à 10 millions d'euros la première année et vouée à monter en charge.

"Sécuriser les femmes"

Le gouvernement veut "sécuriser les femmes qui accouchent à plus de 45 minutes de leur domicile. Cela va améliorer leur quotidien", a indiqué la ministre de la Santé Agnès Buzyn. "C'est un plus pour les femmes, pas une obligation évidemment", a-t-elle insisté en citant les "femmes qui habitent en montagne, au fin fond de la Guyane, sur une île aux Antilles et qui n'ont pas la possibilité d'accoucher dans un hôpital de proximité".

Pour la députée LFI Caroline Fiat, c'est une "fausse bonne idée. Pour éviter de payer des nuits d'hôtel, les maternités vont déclencher les accouchements". C'est une "situation ubuesque parce qu'on ferme des maternités sur les territoires", a-t-elle déploré, suivie par le communiste Pierre Dharréville.

"Cela doit rester l'exception"

La députée LR Émilie Bonnivard, élue en Savoie, s'est montrée plus favorable à la mesure tout en appelant à la "prudence: cela doit rester l'exception. Il ne faudrait pas que cela devienne une justification à la fermeture de certaines maternités". "Pourquoi on ne s'attache pas davantage à favoriser l'accouchement assisté à domicile?", s'est interrogée l'élue MoDem Michèle de Vaucouleurs. Selon le socialiste Joël Aviragnet, prendre en charge ce forfait est une "partie de la réponse" seulement, car "une femme ne va pas quitter sa famille".

La marcheuse Stéphanie Rist s'est félicitée quant à elle d'une mesure "pratique" et de "nouveaux droits" pour les femmes.

Sur la fermeture des maternités, Agnès Buzyn a estimé que "ce n'est pas une question de moyens financiers, mais de démographie médicale. Nous n'avons pas les professionnels pour les faire tourner. On manque d'anesthésistes, de pédiatres, de médecins, d'infirmiers de blocs opératoires".