La mesure était en réflexion depuis quelques jours déjà. Le couperet vient de tomber : la France va interdire plusieurs modèles d'implants mammaires soupçonnés de favoriser une forme rare de cancer, selon un courrier de l'Agence nationale des produits de santé (ANSM) dévoilé ce mercredi par Le Monde et Radio France.

Contacté par l'AFP, l'ANSM n'a pas souhaité confirmer l'authenticité de ce courrier. Elle doit annoncer sa décision à l'occasion d'une conférence de presse ce jeudi matin.

Prothèses "macro-texturées"

Les prothèses concernées sont toutes celles dont la surface est "macro-texturée", c'est-à-dire rugueuse, et deux dont l'enveloppe extérieure est en polyuréthane. Parmi les prothèses interdites figurent plusieurs modèles du fabricant américain Allergan de type Biocell. Cette texture est la principale mise en cause dans la survenue de lymphome anaplasique à grandes cellules (LAGC) chez certaines femmes. Les autres modèles frappés par l'interdiction sont fabriqués par les marques Arion, Sebbin, Nagor, Eurosilicone et Polytech.

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Leur retrait a été décidé "au vu du danger rare mais grave que leur implantation est susceptible de constituer", selon ce courrier.

D'autres prothèses mammaires à enveloppe texturée ou en polyuréthane existent mais l'ANSM n'a pas demandé leur retrait (elles représentent au total 85 % du marché français). Elle précise cependant "qu'il convient de maintenir, à titre conservatoire, une surveillance renforcée des autres implants mammaires à enveloppe texturée ainsi que des autres implants mammaires polyuréthane", selon Le Monde.

Principe de précaution

Depuis 2011, 56 cas de cette forme rare de cancer ont été recensés en France chez des femmes porteuses d'implants mammaires, texturés pour la quasi-totalité. Trois en sont décédées. Cette maladie demeure toutefois rare, 500 000 femmes portant des implants en France.

Fin mars, l'ANSM avait envisagé, dans un "projet de décision" soumis aux fabricants, d'interdire sept marques d'implants mammaires en France.

"Au vu des données scientifiques acquises, des données de vigilance nationales, des avis d'experts et recommandations nationales et internationales de professionnels de santé, il apparaît que les implants mammaires à enveloppe macro-texturée ainsi que les implants mammaires recouverts de polyuréthane présentent un risque de survenue de LAGC-AIM", le lymphome anaplasique à grandes cellules associé au port d'implants mammaires, selon un courrier de l'agence daté du 19 mars.