La mesure fait partie du projet de loi Santé adopté jeudi par le Parlement. L'activité de mannequin sera désormais conditionnée à la délivrance d'un certificat médical, sésame rendu obligatoire pour monter sur les podiums.
>> Lire aussi: Tiers payant généralisé, paquet neutre: le projet de loi de santé adopté
Le texte adopté par les députés stipule que ce certificat devra attester que "l'état de santé du mannequin, évalué notamment au regard de son indice de masse corporelle, est compatible avec l'exercice de son métier". Toute infraction à cet article est passible de six mois d'emprisonnement et de 75 000 d'euros d'amende.
Mention "Photographie retouchée" exigée
Dans une précédente version, le texte évoquait une mesure soumettant l'activité de mannequin à un indice de masse corporelle (IMC) minimal pour lutter contre la maigreur excessive. Cette proposition n'a pas été retenue, pour redonner sa place au médecin du travail et élargir l'examen à d'autres paramètres tels que la morphologie, le sexe, l'âge, l'histoire alimentaire, la recherche d'absence de menstruation etc.
Les députés ont également validé un article stipulant que les photographies de mannequins dont l'apparence corporelle a été modifiée "afin d'affiner ou d'épaissir la silhouette", doivent être accompagnées de la mention "Photographie retouchée".
40 000 personnes souffriraient d'anorexie mentale
Une proposition sur le délit d'incitation à la maigreur excessiv, qui avait suscité une réaction hostile des associations de prévention contre les troubles alimentaires et qui visait notamment les sites internet dits "pro-ana" (pro-anorexie), avait été supprimée du projet de loi santé fin novembre. La présidente de la commission des Affaires sociales, la socialiste Catherine Lemorton, avait en outre souligné qu'une "récente étude scientifique a montré que les auteurs des sites web visés par cette disposition souffrent eux-mêmes de troubles du comportement alimentaire" et pourraient être encore plus fragilisés par une répression pénale.
Entre 30 et 40 000 personnes - des adolescentes dans 90% des cas - souffrent d'anorexie mentale, une des pathologies psychiatriques ayant la plus forte mortalité.