Souvenez-vous l'été dernier. La France n'avait connu qu'une seule vague de Covid-19. Et l'été avait été calme, très calme, après un confinement inédit jusqu'ici. Pourtant, dès la fin du mois d'août, les contaminations repartaient à la hausse. Jusqu'à une rentrée scolaire sous haute tension, déjà. La deuxième vague pointait en effet le bout de son nez.
La situation a-t-elle drastiquement changé, un an plus tard ? Nombre de cas, incidence chez les jeunes, vaccination, protocoles scolaires... Tentative de comparaison, à l'aube de la rentrée 2021.
En 2020 : une circulation moindre, mais une tendance à la hausse
A première vue, la situation est plus avantageuse en 2020 qu'en 2021 en ce qui concerne le nombre de contaminations brutes. La France aborde la rentrée 2021 avec environ 18 000 nouveaux cas quotidiens. En 2020, au moment des premières sonneries de classe, trois fois moins de cas étaient enregistrés sur le territoire. La tendance était néanmoins largement à la hausse et préfigurait une deuxième vague de Covid-19.
Aujourd'hui, le chiffre est en baisse continue depuis 12 jours, après une quatrième vague printanière due au variant Delta, bien plus contagieux que la souche qui circulait à l'époque sur le territoire. D'après le dernier bulletin de Santé publique France, celui-ci représente 98,1% des séquençages réalisés en France métropolitaine au 3 août 2021. Il était inexistant en septembre 2020.

Rentrée 2020 vs rentrée 2021 : des tendances bien différentes
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Chez les jeunes et les ados : un taux d'incidence plus élevé en 2021 qu'il y a un an
Du fait de la quatrième vague, les taux d'incidence selon les classes d'âge sont bien plus élevés aujourd'hui qu'ils ne l'étaient il y a un an. C'est aussi le cas chez les jeunes. On recense actuellement trois fois plus de cas chez les 10-19 ans qu'à la même époque, en 2020. Et cinq fois plus chez les 0-9 ans.

Taux d'incidence chez les 0-19 ans lors des rentrées 2020 et 2021
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Attention : les taux de positivité sont actuellement en baisse dans toutes les classes d'âge. Y compris chez les 10-19 ans. Seuls les 0 à 9 ans font figure d'exception. La hausse est toutefois modeste (+1%), d'après les données compilées par Santé publique France.

Taux de positivité au Covid-19 selon les classes d'âge
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Le point épidémiologique de la semaine 36 de 2020, courant du 31 août au 06 septembre 2020, était nettement plus alarmant. "En semaine 36, par rapport à la S35, le nombre de cas a augmenté dans l'ensemble des classes", notait-il, précisant qu'une des augmentations les plus rapides avait lieu chez les 0-14 ans, à +39% du taux d'incidence.
Vaccination : l'arme de la rentrée 2021
Là-dessus, pas de comparaison possible. La vaccination, autorisée en France depuis la fin du mois de décembre 2020, n'était donc pas disponible lors de la rentrée précédente. Que change-t-elle ? Concrètement, l'efficacité contre les cas nécessitant une hospitalisation s'élève à 90%. Les données contre l'infection simple varient entre 40 et 50%.
Parmi les mineurs, seuls les 12-17 ans sont éligibles à la vaccination, depuis le 15 juin. Le nombre d'immunisés y est donc plus faible que dans la population générale (71,6% de la population a reçu au moins une dose), mais elle progresse vite.

Evolution de la couverture vaccinale chez les 12-17 ans
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A la rentrée, les établissements scolaires pourront aussi proposer une offre de vaccination aux élèves. "Différentes modalités peuvent être mises en place : créneaux dédiés dans des centres de vaccination situés à proximité immédiate des établissements ou vaccination dans des centres éphémères à proximité des établissements, ou vaccination au sein des établissements par des équipes dédiées intervenant habituellement dans les centres de vaccination", liste le ministère de l'Éducation.
Tests et protocoles : de profonds changements par rapport à 2020
Le ministre de l'Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a fixé jeudi "un objectif de 600 000 tests salivaires hebdomadaires" dans les écoles primaires, qui accueillent environ 4 millions d'élèves.
Comme la vaccination, il s'agit d'une nouveauté d'importance : les tests salivaires n'étaient pas disponibles en 2020. Ces derniers ont été déployés après les vacances d'hiver 2021.
Plus largement, le protocole 2021 est totalement chamboulé par rapport à celui de 2020. Ce dernier, par exemple, déclenchait la fermeture d'une structure scolaire "quand la barre des trois cas de coronavirus est franchie". Aujourd'hui, les classes d'écoles seront fermées dès le 1er cas enregistré. Dans le cas des collèges et des lycées, les élèves vaccinés pourront continuer à venir en classe malgré tout. Seuls les non-vaccinés devront étudier à distance pendant une durée de sept jours. Lors de la rentrée 2020, tous les cas contacts avaient l'obligation de s'isoler dix jours.
Un protocole sur quatre niveaux a également été mis sur pied pour l'année scolaire 2021/2022. Les établissements métropolitains débuteront l'année sous le niveau 2. Une différence notable intervient concernant le port du masque, obligatoire pour tous les élèves dès l'élémentaire en 2021. Il ne l'était que pour les plus de 11 ans, soit à partir du collège, en 2020. La limitation du brassage élèves n'était par ailleurs pas obligatoire il y a un an. Elle l'est, dans le deuxième niveau du protocole sanitaire mis en place pour cette année 2021/2022.
Des ajustements qui ne rassurent cependant pas totalement les parents d'élèves, ni les scientifiques. Dans les Antilles, les difficultés face au variant Delta ont même poussé les autorités à repousser le retour dans les classes. Celui-ci n'aura lieu que le 13 septembre. Une dizaine de jours après leurs camarades de métropole.
