Frais indus, stages et trajets mal voire pas indemnisés : les "pratiques non conformes" des instituts de formation en soins infirmiers (Ifsi), dénoncés par un syndicat étudiant, ont été recadrées par une instruction des ministres de la Santé et de l'Enseignement supérieur.

Ce document daté du 30 octobre, soit une dizaine de jours avant l'immolation d'un jeune homme de 22 ans à Lyon pour dénoncer la précarité estudiantine, a été publié par la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers (Fnesi) sur son site internet.

Le syndicat, qui avait dénoncé cet été les frais "illégaux" imposés aux 40 000 élèves des 124 Ifsi, "contraints de débourser jusqu'à 335 euros supplémentaires par an", s'est félicité dans un communiqué d'une "grande victoire". "Aucun frais pédagogique complémentaire ne doit être demandé lors de l'inscription", ont rappelé Agnès Buzyn et Frédérique Vidal dans une instruction interministérielle adressée aux directeurs d'Ifsi.

La fin de certaines "prestations facultatives"

Plus question, donc, de facturer des "prestations facultatives" comme les "frais de reprographie" ou des dépenses "déjà prises en charge" comme "l'accès à la bibliothèque universitaire". Les ministres soulignent également que "les indemnités de stage et les frais de déplacement" ne peuvent faire l'objet d'"aucune contrainte ou restriction" pour les élèves en rattrapage ou en redoublement.

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De même, un "plafond d'indemnisation" ou un "quota minimum" pour les indemnités kilométriques "ne sont pas conformes à la réglementation en vigueur", insistent-elles. Des règles dont les ministres ont demandé "la stricte application" aux directeurs d'Ifsi, "compte tenu des conséquences financières (...) pour les étudiants".