La République démocratique du Congo a annoncé dimanche la "résurgence" de la maladie à virus Ebola dans l'est du pays. En cause : la découverte d'un nouveau cas ayant entraîné la mort d'une cultivatrice, le 3 février, à Biena, dans la province du Nord-Kivu. Le point sur la situation en trois questions.

Comment la maladie est-elle réapparue ?

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a dépêché une équipe d'épidémiologistes sur place, plus de 70 contacts ont d'ores et déjà été identifiés. "La désinfection des sites visités par le patient est également en cours", ajoute l'OMS.

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L'agence onusienne souligne que Butembo "était l'un des épicentres de la précédente épidémie d'Ebola dans l'est de la RDC" et qu'il "n'est pas rare que des cas sporadiques surviennent après une épidémie majeure".

La dixième épidémie d'Ebola, la plus meurtrière en RDC, avait été déclarée le 1er août 2018 dans l'est du pays. Sa fin a été officiellement déclarée le 25 juin 2020 : "Il y avait 3 481 cas, 2299 décès et 1162 survivants", selon des chiffres de l'OMS.

Est-ce le début de la douzième épidémie ?

Ce nouveau cas a été enregistré après l'annonce le 18 novembre 2020 de la fin officielle de la onzième épidémie de la maladie à virus Ebola dans la province de l'Équateur dans le nord-ouest qui a causé le mort de 55 personnes sur 130 cas recensés. Le dernier malade d'Ebola avait été déclaré guéri dans cette province congolaise, le 16 octobre 2020.

Dimanche, le ministre Eteni n'a pas déclaré la douzième épidémie d'Ebola. Mais, il avait prévenu mi-novembre que "le risque élevé de résurgence (de la maladie à virus Ebola) reste permanent" en RDC.

Comment enrayer sa progression ?

Identifié en 1976 par Peter Piot et une équipe internationale dont le professeur congolais Muyembe, le virus Ebola se transmet à l'homme par des animaux infectés. La transmission humaine se fait par les liquides corporels, avec pour principaux symptômes des fièvres, vomissements, saignements, diarrhées.

Pour enrayer la dixième épidémie, la RDC avait eu recours pour la première fois, à la vaccination sur plus de 320 000 personnes dans cette zone instable, avec deux vaccins de deux laboratoires différents (Merck et Johnson&Johnson). La même stratégie avait été utilisée pour venir à bout de la onzième épidémie.

Depuis la grande épidémie de 2013-2016 en Afrique de l'Ouest (11 000 morts), et l'exportation de quelques cas en Occident via des humanitaires, l'OMS redoute à chaque résurgence d'Ebola une propagation du virus dans le monde. L'agence onusienne avait d'ailleurs élevé la précédente épidémie dans l'Est au rang d'urgence sanitaire internationale.