Après avoir atteint un pic à plus de 50 000, voire 60 000 cas certains jours fin octobre, ce niveau a diminué sensiblement jusqu'à atteindre 10 à 11 000 cas par jour en moyenne fin novembre, relève l'AFP. Mais la semaine dernière, ce nombre s'est maintenu autour de 10 000 par jour, selon les données de Santé publique France. Et ces derniers jours, le nombre de nouvelles contaminations quotidiennes au Covid-19 a même un peu augmenté : 14 595 nouveaux cas positifs ont été décomptés mercredi, et 13 750 nouveaux cas jeudi. "Nous sommes sur une sorte de plateau", a fait remarquer le Premier ministre jeudi, au cours de la conférence de presse pendant laquelle il a présenté les nouvelles mesures qui entreront en vigueur le 15 décembre.
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A quoi est dû ce "plateau" ? Le fait que les gens circulent davantage depuis l'allégement du confinement, le 28 novembre dernier, semble être la principale explication. "On a beaucoup confiné, ce qui a réduit la transmission du virus. Mais quand les gens ressortent, le virus se remet à circuler", explique l'épidémiologiste Catherine Hill à L'Express. "En se déplaçant, les gens croisent de nouvelles personnes, et de nouvelles contaminations se produisent. Ils vont faire des courses, prennent éventuellement les transports en commun, rentrent dans des magasins... Tout cela fait circuler le virus".
Olivier Véran a lui aussi évoqué cette raison, jeudi : "Quelles sont les raisons de ce plateau ? [...] Le relâchement collectif, sans doute. Un brassage plus important dans la population lié en partie à l'allègement des règles du confinement, c'était attendu."
Un facteur climatique discuté
Le ministre de la Santé a aussi invoqué le facteur climatique, avec "le froid et l'humidité qui ont accompagné l'arrivée du mois de décembre dans notre pays. Des éléments climatiques qui pourraient d'ailleurs, selon certains experts, expliquer ce gradient Ouest-Est que nous constatons, avec des niveaux d'incidence beaucoup plus faibles en Bretagne qu'en Savoie ou en Haute-Savoie", où les températures sont plus rudes. Cette explication ne convainc pas Catherine Hill : "Je n'y crois pas beaucoup. L'épidémie est partout, dans l'hémisphère nord et l'hémisphère sud", commente-t-elle.
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Et si pour l'instant le nombre de contaminations stagne, Catherine Hill voit dans les vacances de Noël une nouvelle occasion pour l'épidémie de repartir : "On va un peu lever le pied avec les vacances, les fêtes de Noël et le virus va circuler davantage." Interrogé récemment par L'Express sur "l'effet Thanksgiving" (qu'on peut transposer à Noël), Pascal Crépey, épidémiologiste à l'Ecole des hautes études en santé publique, présentait une position plus nuancée : "C'est un événement ponctuel, qui dure une soirée ou deux-trois jours. Certes, cela va avoir un effet négatif mais ce n'est pas ça qui va provoquer une nouvelle vague. On va voir éventuellement un pic de contaminations, mais ensuite la dynamique de l'épidémie va dépendre des habitudes de contacts de la population les jours suivants."
Les arrivées à l'hôpital en hausse
Catherine Hill, qui considère que l'indicateur du nombre de nouveaux cas positifs quotidiens donne plus d'informations sur "la pratique des tests que sur l'évolution de l'épidémie", se base sur trois autres indicateurs : les arrivées à l'hôpital pour Covid, les arrivées en réanimation pour Covid, et les morts. "Les arrivées à l'hôpital commencent déjà à augmenter", souligne-t-elle.
Selon elle, la clé est le dépistage de masse. "La moitié des contaminations viennent de gens qui ne se savent pas contagieux. Ces gens-là, on ne les trouve jamais, ils sont contagieux pendant dix jours, et pendant dix jours ils contaminent autour d'eux, sans que personne ne s'en aperçoive. Tant qu'on ne se décide pas à dépister massivement pour trouver ces personnes asymptomatiques et les isoler avant qu'elles aient contaminé largement autour d'elles, et bien dès qu'on lève un peu le pied, le virus circule davantage et il y a plus de morts."
