L'Europe entre dans la huitième vague de Covid-19. Près de trois ans après l'arrivée du coronavirus sur le Vieux continent, nombreux sont les pays à être confrontés à des rebonds épidémiques réguliers. Entamée début septembre, cette recrudescence des contaminations touche la quasi-totalité des pays européens. Après un été plutôt calme, la rentrée scolaire et la baisse des températures ont fait mécaniquement grimper les données épidémiologiques.
En Allemagne, ce mardi 18 octobre, 1 092 cas pour 1 million d'habitants étaient comptabilisés. Un chiffre presque vingt fois supérieur à l'Espagne. Son voisin, l'Autriche, avec 1 380 cas pour un million d'habitants, est le pays le plus touché d'Europe. Le Royaume-Uni semble quelque peu épargné quand l'Italie se rapproche du niveau français. L'Espagne et le Portugal font figure de bons élèves. Tour d'horizon de l'épidémie de Covid-19 chez nos voisins à la veille des vacances de la Toussaint.
L'Allemagne, une huitième vague qui fait mal
Jeudi 13 octobre, l'Allemagne comptait vingt patients placés en soins intensifs par million d'habitants, contre quatorze en France et en Autriche, six en Italie et trois aux Pays-Bas, selon les données compilées par le site Our World in Data. La comparaison entre les différents Etats européens montre l'ampleur de la recrudescence de Covid-19 outre-Rhin. Depuis le 16 septembre, le nombre de malades a triplé, atteignant 91 103 cas lundi.
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Plusieurs voix s'élèvent pour durcir les restrictions sanitaires. "Nous sommes en train de prendre un mauvais chemin. Mais il n'est pas trop tard pour agir. L'expérience nous a montré qu'il vaut mieux des restrictions légères prises assez tôt plutôt que des décisions drastiques imposées trop tard", a prévenu le ministre fédéral de la Santé, Karl Lauterbach, vendredi, appelant les Lander à durcir les règles en vigueur. L'obligation de porter un masque facial dans les lieux publics intérieurs est aussi discutée. Depuis le 1er octobre, le masque FFP2 est à nouveau obligatoire en Allemagne dans les trains longue distance, dans les hôpitaux et les établissements de soins. Chaque région a la possibilité de l'imposer dans d'autres types de transports en commun, comme le métro et le bus. D'après BFMTV, le gouvernement pourrait renforcer les mesures de deux façons : d'abord une grande campagne de vaccination pour la quatrième dose, surtout auprès des seniors, et renforcer le masque obligatoire. De leur côté, l'association des médecins demande l'obligation du FFP2 dans les transports en commun et à l'intérieur des bâtiments.
Au Royaume-Uni, une courbe en escalier
C'est sans doute le pays où la courbe épidémique est la plus étonnante. Depuis mi-septembre, elle remonte puis se stabilise et remonte à nouveau avant de se stabiliser, encore. En bref, une courbe en escalier. Le dessin s'explique avant tout par la méthode de récolte des données épidémiques britanniques. Elles sont collectées chaque semaine et non chaque jour.
Le pays dirigé par Liz Truss est secoué tardivement par la huitième vague. Depuis le 6 octobre, le nombre de contaminations quotidiennes se stabilise autour de 9000. Il a doublé depuis le 15 septembre. Une évolution rapide qui témoigne de la circulation active du virus.
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Au 13 octobre, le pays comptait dix fois moins de malades que l'Allemagne. Une nouvelle bienvenue sachant que le Royaume-Uni déplore plus de 177 000 morts depuis le début de la pandémie, l'un des pires bilans en Europe.
En Italie, 40 000 de cas chaque jour
Epicentre de la pandémie européenne au printemps 2020, l'Italie suit les vagues successives avec attention et appréhension. Aujourd'hui, le niveau des contaminations est supérieur à celui du Royaume-Uni mais inférieur à la situation allemande. Près de 40 000 personnes sont contaminées en moyenne en Italie depuis le début de la semaine du 10 octobre. Un chiffre qui était deux fois moins élevé le 27 septembre. Preuve, là encore, que l'épidémie de Covid-19 progresse vite en Europe, notamment sous l'effet de l'apparition de nouveaux sous-variants.
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L'Espagne résiste
Malgré la contamination de son Premier ministre fin septembre, l'Espagne avance pour l'heure sans craindre un rebond incontrôlable de l'épidémie. Le nombre de cas quotidiens n'a jamais dépassé les 3 000 dans un pays qui compte 47 millions d'habitants. Ce dernier se stabilisant, si l'on excepte une parenthèse de chute du 11 au 14 octobre, autour de 2 500 contaminations chaque jour.
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Le Portugal aussi
Le Portugal est l'autre exception qui confirme la règle. Le voisin de l'Espagne affiche un taux de contamination proche de zéro. Le pays peut se targuer d'être l'un des seuls du continent à présenter une courbe d'évolution du nombre de cas décroissante. Avec seulement 1 118 contaminations au 17 octobre, le Portugal mise sur un automne moins agité que ses alliés.
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Mais l'historique de la pandémie a appris que les pays qui échappent à une vague de transmission du virus ne sont pas forcément ceux qui résistent le mieux à la suivante. L'arrivée d'un nouveau variant, des gestes barrières tombant dans l'oubli ou encore une politique de restrictions trop tardives... Voilà autant de paramètres qui peuvent propulser le Covid, de nouveau, au centre des préoccupations de n'importe quel pays européen.
