En silence, la circulation du virus repart de plus belle. Après avoir connu plusieurs vagues depuis le début d'année, l'épidémie de Covid-19 était tombée à un niveau particulièrement bas fin août. Mais depuis la rentrée scolaire, les contaminations sont à la hausse. Au 24 septembre, le nombre de cas quotidiens culmine à 38 024, soit une augmentation de 14,7% en sept jours. Mardi 20 septembre, la barre des 50 000 cas a été franchie pour la première fois depuis le début du mois d'août. Sans surprise, le taux d'incidence grandit également : 321,7 cas pour 100 000 habitants, en hausse de 28,8 % en une semaine. Le nombre de décès quotidiens liés au Covid-19 reste, pour l'instant, à son plus bas niveau depuis octobre, avec 30 morts au 23 septembre.
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Les conséquences à l'hôpital, relativement limitées lors de la précédente vague du début de l'été, restent difficiles à appréhender : "une hausse des nouvelles admissions (...) était observée dans certaines régions alors qu'une stabilisation était constatée au niveau national", résume Santé publique France. Après une baisse constante, le nombre de personnes hospitalisées pour Covid-19 se stabilise sur un plateau, avec 12 961 individus au 23 septembre. La courbe des admissions quotidiennes commence, elle, à frémir : 431 étaient recensées en moyenne au 23 septembre, contre 361 au 15 septembre. En revanche, le nombre de lits de réanimation occupés pour cause de Covid-19 continue de baisser : 700 l'étaient à date du 23 septembre, contre 737 une semaine plus tôt.
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Preuve que la rentrée des classes joue son rôle de brassage, la hausse du taux d'incidence s'observe davantage chez les enfants et adolescents scolarisés, et donc chez leurs parents. Chez les 11-14 ans, on compte 479 contaminations par semaine pour 100 000 enfants, et 376 pour la tranche des 7-10 ans. Du côté des parents, le taux d'incidence s'avère aussi légèrement plus élevé que la moyenne nationale avec 334 pour les 20 à 39 ans. Santé Publique France confirme une hausse du taux d'incidence, portée notamment par les moins de 20 ans et les 30-49 ans.
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Les Ardennes, département le plus touché
À l'instar des vagues précédentes, la circulation du virus offre son lot d'hétérogénéité sur le territoire. Le département des Ardennes est celui qui enregistre le plus fort taux d'incidence (605 cas pour 100 000 habitants). Dans cette zone, 74% de la population a reçu au moins une dose de vaccin, soit 6,6 points en dessous de la moyenne nationale. En Mayenne, le nombre de lits occupés par des patients Covid-19 à l'hôpital a augmenté de 69% par rapport à la semaine précédente. La tendance est d'ailleurs à la hausse dans la moitié des départements. Santé publique France relève également une légère hausse des hospitalisations dans l'Ouest : Bretagne, Normandie, Pays de la Loire, mais aussi l'Est de la France.
De son côté, la région parisienne apparaît, pour le moment, comme un îlot relativement épargné. À Paris, le taux d'incidence s'élève, a 23 septembre, à 223 contaminations pour 100 000 habitants. Alors que le taux de vaccination se situe 10 points en dessous de la moyenne, la Seine-Saint-Denis enregistre un taux d'incidence de 155. Dans les Outre-Mer, celui-ci est en baisse dans la plupart des régions sauf en Martinique. "Omicron circule de manière quasi exclusive en France, et son sous-lignage BA.5 est actuellement omniprésent", avec 93 % des cas recensés, souligne par ailleurs Santé publique France.
Malgré la reprise de l'épidémie dans l'Hexagone, l'exécutif regarde ailleurs, ses yeux rivés sur la crise énergétique ou la réforme des retraites. Invité sur France Inter, lundi 19 septembre, le ministre de la Santé, François Braun estimait qu'il était trop tôt pour décréter le début de la huitième vague. Le 23 septembre, le porte-parole du gouvernement et ex-ministre de la Santé, Olivier Véran, a pris acte du regain de l'épidémie "repartie depuis 15 jours". Tout en ajoutant, sur RTL : " c'est 30 000 cas par jour, ça monte un peu à l'hôpital, après, on sait se défendre. On a commandé les nouveaux vaccins qui sont efficaces contre la souche Omicron, on est en attente d'un avis de la Haute Autorité de santé."
Face à cette énième reprise épidémique, Santé publique France met l'accent sur la nécessité d'accélérer la vaccination, en particulier la deuxième dose de rappel - parfois dite "quatrième dose" - chez les plus fragiles, telles les personnes âgées. La Haute autorité de santé vient d'approuver plusieurs vaccins adaptés au variant Omicron. Elle prévient toutefois qu'il vaut mieux ne pas les attendre et se faire vacciner avec les vaccins à disposition si l'on est à risque ou pas à jour concernant les doses de rappel.
