Ni optimisme, ni pessimisme. Dans son premier avis, transmis aux autorités nationales le jeudi 20 octobre et dévoilé ce lundi, le Comité de veille et d'anticipation des risques sanitaires (Covars), le successeur du Conseil scientifique, évoque une vague épidémique actuelle du Covid-19 d'"intensité modérée", tout en restant prudent pour la suite face à de potentiels nouveaux variants.
"Un rebond pandémique en France et en Europe affecte les sujets âgés et reste pour l'instant d'intensité modérée mais avec une dynamique à surveiller", selon cette instance comptant 18 membres, créée le 31 juillet dernier et présidée par l'immunologue Brigitte Autran, qui est chargée de faire des recommandations face à une menace ou une crise sanitaire.
Dans son viseur notamment : la croissance rapide du sous-variant d'Omicron BQ.1.1, détecté dans l'hexagone mi-septembre, qui représente désormais 15% des virus détectés en France métropolitaine, et près de la moitié en Ile-de-France. Or "le niveau d'échappement immunitaire de BQ.1.1 est incertain", prévient le Covars.
Un "ensemble de facteurs" explique la reprise épidémique
Quoi qu'il en soit, le redémarrage épidémique observé en France, comme dans une partie de l'Europe, "ne semble pas être dû à l'apparition d'un nouveau variant stricto sensu", estime-t-il, mais plutôt à un ensemble d'autres facteurs comme la baisse de l'immunité collective, les conditions climatiques favorables à la diffusion du virus, etc.
"L'apparition de ces variants (BQ.1.1, BA.2.75.2 et XBB dérivés de BA.2) au cours de cette reprise épidémique accompagnée du remplacement des BA.5.2 jusqu'alors majoritaires pourrait renforcer l'intensité de la vague en cours et la prolonger si l'échappement immunitaire se confirmait. Il sera important de surveiller précocement la protection conférée par l'immunité collective, de favoriser l'utilisation des vaccins de nouvelle génération et des stratégies thérapeutiques", relève le Covars.
Selon l'organisme de veille, "l'analyse des taux de croissance des différents indicateurs épidémiologiques suggère qu'on pourrait être très proche du pic épidémique". Mais "ces signaux encourageants doivent être tempérés" en raison de la "croissance rapide du variant BQ.1.1 sur le territoire national".
Le contexte de la "fragilité" de l'hôpital
Et si la vague épidémique apparue mi-septembre 2022 "a un retentissement hospitalier direct moins important que les vagues antérieures", avant même le début de l'hiver "les capacités hospitalières restent amputées de façon significative", alerte-t-il. D'autres maladies infectieuses hivernales comme la grippe, la bronchiolite ou la gastro-entérite, pourraient en outre affecter le système de santé.
"Ces épidémies accroissent fortement la tension des services spécialisés. L'impact de ces épidémies sur le système hospitalier est renforcé par la fragilité actuelle de l'hôpital : la Direction Générale de l'Offre des Soins estime que l'absentéisme hospitalier durant l'hiver 2021/2022 se situait entre 11% et 16% pour le personnel non médical (PNM) et anticipe le même niveau d'absentéisme cet hiver", détaille l'instance.
Le Covars recommande donc de poursuivre les mesures de prévention et de vaccination mises en place face au Covid-19. Plusieurs leviers doivent être ainsi "activés" : "vacciner, promouvoir le port de masques, contrôler la qualité de l'air", prône-t-il.
