La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) a indiqué vendredi 9 juin qu'elle allait contrôler prochainement des cosmétiques qui seraient toujours en vente, bien que contenant des substances interdites selon l'UFC-Que Choisir.

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"Nous allons mener des contrôles pour voir si ces produits sont toujours vendus aujourd'hui et pour quelles raisons", a déclaré Loïc Tanguy, directeur de cabinet adjoint à la DGCCRF. "Nous sommes très attentifs chaque année sur les cosmétiques", a-t-il assuré, soulignant que l'an dernier, la DGCCRF a contrôlé 8000 références. "Au-delà de nos actions de contrôle, nous allons tenir compte des informations de l'UFC", a-t-il ajouté.

Des perturbateurs endocriniens interdits depuis 2015

Mercredi 7 juin, l'association UFC-Que Choisir a recensé 23 cosmétiques qui seraient toujours en vente en France, bien que contenant des substances interdites, notamment un fond de teint sous forme de poudre minérale contenant de l'isobutylparaben, un perturbateur endocrinien pourtant interdit depuis 2015 dans l'Union européenne.

D'autres produits repérés par l'UFC, dont un spray solaire pour enfants, un soin masculin pour les yeux et un gel coiffant pour cheveux, contiennent de la MIT, alors même que cet allergisant est interdit depuis février dans l'Union européenne pour des produits de ce type, non rincés.

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La "complexité" de certaines chaînes de distribution pourrait expliquer que certains produits non rincés contenant de la MIT soient toujours vendus, bien qu'étant interdits depuis 4 mois, avait estimé mercredi la Fédération des entreprises de la beauté (Febea), jugeant en revanche "inexcusable" la présence dans d'autres produits de perturbateurs endocriniens interdits depuis 2015.

Jusqu'à deux ans de prison

En cas d'interdiction d'un ingrédient, il est de la responsabilité du fabricant d'arrêter la production du produit concerné et d'informer ses distributeurs, qui eux sont tenus de ne plus commercialiser les produits non conformes, a rappelé Loïc Tanguy.

Si la justice démontre un délit de tromperie, qui a un caractère intentionnel, un fabricant ou un importateur d'un produit interdit risque deux ans de prison et 30 000 euros d'amende, un montant qui peut aller jusqu'à 150 000 euros pour des personnes morales.

Un distributeur condamné pour tromperie est également passible de 2 ans de prison et de jusqu'à 300 000 euros d'amende, a précisé une porte-parole de la DGCCRF.