Ne pas se laisser prendre par le temps, alors que le risque d'une reprise de l'épidémie de Covid-19 plane toujours. C'est l'objectif affiché des autorités françaises, qui ont décidé d'avancer le début de la campagne de vaccination au 22 octobre - contrairement à la date initialement prévue, le 26 octobre. A partir de vendredi, les catégories de Français particulièrement exposées sont ainsi invitées à se faire vacciner. Il s'agit notamment des personnes âgées de plus de 65 ans, des femmes enceintes, des personnes souffrant d'asthme, de diabète, d'insuffisance cardiaque ou atteinte du Sida. Le personnel soignant est également concerné.
Dans les Ehpad, la campagne de vaccination contre la grippe a commencé lundi. La campagne qui débute vendredi cible les personnes indépendantes, pouvant se rendre par exemple chez leur médecin traitant ou chez un pharmacien.
Coupler le vaccin contre la grippe et le Covid
En avançant de quatre jours la date du début de cette campagne de vaccination, les autorités sanitaires entendent se prémunir d'un éventuel rebond de l'épidémie de Covid-19, et inciter les publics concernés à effectuer leurs vaccins contre la grippe et le Covid en même temps. L'idée est ainsi de "ne perdre aucune opportunité de vacciner contre la grippe et contre [le] Covid-19 les personnes les plus fragiles", a expliqué la Direction générale de la santé (DGS), qui dépend du ministère de la Santé, dans une note adressée aux soignants lundi. Fin septembre, la Haute autorité de santé (HAS) avait déjà souligné qu'il n'y a aucun danger à se faire vacciner simultanément contre les deux maladies.
Depuis début septembre, les Français à risque peuvent se faire injecter une dose de rappel de vaccin contre le Covid. Cette "troisième dose" touche le même public qui doit recevoir également le vaccin contre la grippe. Près de 92% des 65-74 ans ont ainsi déjà reçu un schéma de vaccination contre le Covid complet. L'objectif de coupler la dose de rappel contre le Covid et le vaccin contre la grippe est de se prémunir d'un éventuel afflux de patients dans les hôpitaux. Dans la période hivernale entre 2019 et 2020, seulement 52% des plus de 65 ans s'étaient fait vacciner contre la grippe, selon le ministère de la Santé. Dans l'hypothèse d'un rebond massif de l'épidémie de Covid-19, le système hospitalier serait ainsi mis à rude épreuve.
Pour l'heure, les médecins ne savent pas à quelle période apparaîtra, et si elle doit le faire, la grippe saisonnière. Ainsi l'an dernier, en pleine deuxième vague du Covid-19, l'épidémie de grippe n'avait pas eu lieu. D'ordinaire, le pic du nombre de personnes malades de la grippe est atteint en décembre. Un responsable au sein de Santé publique France, cité par l'AFP, prévient ainsi : "On commence à voir un tout petit peu de circulation de virus mais il n'y a pas d'alerte."
