"Nos amis sont notre miroir, notre mémoire", écrit Milan Kundera. Ils seraient aussi un excellent remède pour la santé, selon une étude américaine publiée dans la revue Child Development. Selon elle, si l'on a au moins un ami proche au milieu de l'adolescence, notre santé, et en particulier notre santé mentale, en sera améliorée sur le long terme.
Une meilleure santé mentale de 15 à 25 ans
Pour le déterminer, les auteurs de cette étude financée par l'Institut américain pour la santé des enfants et le développement l'Institut américain de la santé infantile et du développement humain (NICHD) ont suivi 169 jeunes pendant dix ans, de l'âge de 15 ans jusqu'à 25 ans. Ils leur ont demandé, à 15 puis à 16 ans, d'amener leur meilleur ami, et ont conduit des entretiens en face-à-face pour déterminer la qualité de leur relation (le degré de confiance, de communicabilité...), et désigner ainsi les amis les plus sincères.
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Chaque année, les participants ont ensuite rempli un questionnaire sur leur niveau d'anxiété, leur humeur et le sentiment de leur propre valeur. Rachel Narr, principale auteure de l'étude et thésarde à l'Université de Virginie, raconte à la radio NPR avoir regardé des vidéos où les adolescents demandaient conseil à leur "meilleur" ami, ou discutaient d'un point de désaccord. "C'était facile de voir quelles étaient les relations les plus fortes. Les ados sont alors plus ouverts, plus engagés, et sont davantage disposés à s'entraider", dit-elle.
Un meilleur ami plutôt qu'un groupe superficiel
Et ces graines solides plantées à l'adolescence donnent leurs fruits à l'âge adulte. Interrogés à 25 ans, les sujets qui pouvaient compter sur une amitié sincère sont moins anxieux, moins dépressifs et ont plus confiance en eux qu'ils n'en avaient à 15 ou 16 ans.
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À l'inverse, "ceux qui ont plutôt eu un large groupe d'amis qu'un ou deux amis proches ont révélé des niveaux d'anxiété plus importants", estiment les auteurs de l'étude. "On peut ainsi conclure que favoriser des liens proches, plutôt que préférer des liens avec beaucoup d'autres, prépare davantage à l'avenir sur le plan du développement social". Mieux vaut donc un bon copain que plein de relations.
