Gluten, oeufs, arachide, lait, soja... Six à neuf millions de personnes souffrent d'allergies en France, et leur santé dépend de l'information disponible chez les commerçants.
Depuis le 1er juillet 2015, un décret rend obligatoire "l'information relative à la présence de substances ou produits provoquant des allergies ou intolérances" sur les produits non-emballés. Problème: selon l'UFC-Que Choisir, il n'est pas correctement appliqué.
Une information insuffisante chez 75% des artisans
Le décret stipule que l'indication de la présence d'allergènes doit se faire obligatoirement par écrit, sans que le consommateur n'ait à en faire la demande. Selon une étude que l'UFC a menée sur le terrain dans 375 commerces et restaurants, 75% des artisans ne donnent "qu'une information orale sans garantie de fiabilité (30% des cas)", ou même "aucune information (45% des cas)".
"Je suis boulangère, pas nutritionniste"... "Mais faites-le donc vous-même votre gâteau!" Boulangers, pâtissiers, restaurateurs et traiteurs ou quelquefois réservé un mauvais accueil aux enquêteurs, tant ils ont du mal à se plier à la nouvelle réglementation.
Et pas toujours claire dans la grande distribution
La grande distribution a fait plus d'efforts, puisque seuls 13% des magasins ne donnent aucune information. Mais quand elle est donnée, son caractère incomplet ou peu lisible alarme l'UFC. La réglementation laisse en effet les modalités de l'information à la discrétion des professionnels. Les allergènes sont parfois "perdus au milieu de centaines de références" dans des classeurs ou des cahiers parfois difficiles à trouver, "ce qui en rend la lecture particulièrement ardue".
Certaines enseignes, comme Auchan, font toutefois preuve de davantage d'efforts en termes de lisibilité, en installant des étiquettes individuelles à proximité immédiate des produits.
Les fast-food cités en exemple
Paradoxalement, les meilleurs élèves identifiés par l'étude de terrain sont les neuf établissements de restauration rapide visités, qui respectent strictement l'obligation d'information, indique l'UFC. Quoique dans leur cas, les affiches utilisées soient "de petite taille très peu lisibles".
L'UFC réclame donc une réécriture du texte afin de spécifier que l'information doit se faire obligatoirement via des étiquettes individuelles placées directement auprès des aliments. Il ne s'agit pas d'un simple problème d'information, mais "d'un enjeu de santé publique", insiste l'UFC. Qui ne va pas jusqu'à conseiller de manger au fast-food.