Dominique de Villepin, cherche-t-il à créer le "buzz" comme l'affirme Xavier Bertrand? La dernière offensive de l'ex-Premier ministre contre le président de la République a en tout cas suscité de vives réactions au sein de la majorité.

Longtemps très proche de l'ex-locataire de Matignon, le patron des députés UMP Jean-François Copé a dénoncé ces propos "pas acceptables". "Je suis très choqué (...) Il faudra certainement qu'un jour ou l'autre, tout ça se clarifie, que Dominique de Villepin nous dise dans quel camp il est", a-t-il lâché. Faut-il selon lui exclure Dominique de Villepin de l'UMP? "Il faudra qu'on en discute", a ajouté le chef de file des députés de la majorité à l'Assemblée.

Comparé à Mélenchon

"Ces propos sont choquants, scandaleux et disqualifiants. Ils ne peuvent s'expliquer que par la soif d'exister ou la volonté de faire échouer sa propre famille politique", a ajouté Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale.

Pour le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, "Villepin parle aujourd'hui comme Mélenchon mais la différence c'est que (Mélenchon) a un public et que lui n'en a pas".

La garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie a quant à elle condamné une attitude qui "s'inscrit à l'opposé des valeurs du gaullisme". "Ce qu'on attend de quelqu'un qui aspire à être un homme d'Etat, ce sont des propositions concrètes pour permettre à la France de faire face aux défis de la mondialisation et de l'avenir. Ce n'est pas qu'il passe son temps à attaquer les personnes", a-t-elle ajouté.

"C'est un schizophrène"

"Ca devient pathétique, assez ridicule. Aucun extrémisme de parole ne sert celui qui le professe", a lâché pour sa part le secrétaire d'Etat au Logement Benoist Apparu.

Pour Dominique Paillé, porte-parole adjoint de l'UMP, "Villepin est dans l'UMP tout en critiquant le président de la République c'est-à-dire que c'est un schizophrène " ajoutant que "ceux qui n'ont pour tenter d'exister que l'invective ne sont même pas dignes de mépris mais seulement d'indifférence".

"Rancoeurs personnelles"

"Il a pété les plombs. C'est une preuve de plus que ce type n'arrive pas à se contrôler", juge le député des Yvelines Jacques Myard, qui confie avoir reçu "des mails de militants furieux".

Ironique, le député du Vaucluse Thierry Mariani se demande pourquoi Dominique de Villepin a repris récemment sa carte à l'UMP. "Quand on fait preuve d'une telle agressivité vis-à-vis du chef de l'Etat, je pense que, de soi-même, on se met en dehors de la majorité et de l'UMP. Si Villepin veut rendre service à la France, il ferait bien d'oublier ses rancoeurs personnelles", a-t-il déclaré.

La prise de distance des villepinistes

Dans le camp Villepin, certains proches ne cachaient pas leur embarras dimanche. "J'appelle de mes voeux une phase d'apaisement et de responsabilité", a déclaré la porte-parole de RS, Marie-Anne Montchamp, qui fait "clairement partie" de ceux qui veulent voir leur chef de file sortir de l'antisarkozysme. "Tout ce qui sort de cette ligne de responsabilité relève d'une autre logique. Ce n'est pas ça le projet politique", a-t-elle ajouté.

"Nous l'avons soutenu, aidé, accompagné ces dernières années dans les moments difficiles et on s'aperçoit qu'en réalité aujourd'hui, il coupe les ponts avec tout le monde, et avec les plus proches d'entre nous", a regretté Georges Tron sur Europe1. Bien que membre du gouvernement, le secrétaire d'Etat à la Fonction publique est un ami proche de l'ancien Premier ministre.

Jean-Pierre Grand, fidèle parmi les fidèles, se dit "totalement solidaire" de son mentor. "Ce qu'il dit, c'est ce que les Français nous disent", a-t-il commenté en s'en prenant à Jean-François Copé, dont les propos ne sont "plus ceux de l'oecuménique président du groupe UMP mais déjà ceux du secrétaire général de l'UMP".