C'était son baptême du feu. Et il se souviendra sûrement longtemps de cette première dans "la fosse aux lions". Le ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti était interrogé pour la première fois par les députés, ce mercredi matin, lors des premières questions au gouvernement depuis le remaniement. Un exercice difficile qui nécessite de poursuivre son intervention même quand on est interrompu. Or, à une question du député LR Antoine Savignat, le garde des Sceaux a été quelque peu mis en difficulté.

"Je vous en prie, c'est déjà compliqué pour moi, c'est une première", a-t-il lancé pendant que des députés de l'opposition le chahutaient, et que d'autres de la majorité l'applaudissaient. "Monsieur le député, j'ai un sens aigu du contradictoire et du respect de la parole de l'autre, j'aimerais que vous me laissiez au moins m'exprimer", a déclaré le ténor du barreau, avant de souligner : "Vous me jugerez sur ce que j'ai fait, quand je l'aurai fait".

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Une nouvelle fois interrompu, le nouveau garde des Sceaux, novice en politique, s'est interrogé : "Est-ce qu'on décompte les interruptions" ? Réponse ironique du président de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand : "Non, on ne décompte pas, on souffre en silence". "Je veux travailler avec vous tous, députés de la majorité comme de l'opposition", a poursuivi Éric Dupond-Moretti, applaudi à la fin de son intervention par les députés de la majorité. Sa deuxième prise de parole, en réponse à une question du député LREM de l'Aveyron Stéphane Mazars sur sa méthode et sa priorité, a en revanche été plus tranquille.

L'ancien avocat, qui s'est rendu mardi à la prison de Fresnes, doit se rendre ce mercredi après-midi au Tribunal judiciaire de Bobigny en compagnie du Premier ministre Jean Castex pour une première rencontre de terrain avec des magistrats et fonctionnaires de la deuxième juridiction française. Une rencontre qui pourrait là encore s'avérer agitée.