C'est fait, ou presque. Les négociations auront été longues, très longues - plus de 48 heures, jour et nuit - mais les socialistes et les Insoumis de Jean-Luc Mélenchon sont tombés d'accord au petit matin du 4 mai 2022, vers 5 heures. Selon nos informations, confirmées au PS et LFI, un "accord de principe" a été trouvé entre les délégations du PS et celle de l'Union populaire sur la répartition des circonscriptions.

Dans quelques heures, le conseil national du Parti socialiste va être saisi par Olivier Faure, le premier secrétaire du PS. Dans un message aux patrons de fédérations socialistes envoyé mardi matin, la numéro deux du parti Corinne Narassiguin confirmait la convocation "dans les plus brefs délais" d'un conseil national. Le parlement du parti, où la ligne défendue par Olivier Faure est majoritaire, décidera de valider ou non l'accord avec les Insoumis et les discussions promettent d'être tendues au sein même du PS.

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La répartition des circonscriptions a été âpre entre Insoumis et socialistes. Dans un premier temps, LFI ne leur proposait qu'une petite trentaine de circonscriptions. Trop peu pour les socialistes qui en espéraient plutôt une centaine. "Ils sont un peu trop gourmands", pestait un négociateur insoumis qui aime à rappeler les 1,74% des voix obtenues par la candidate PS Anne Hidalgo à la présidentielle. Au final, l'accord entre le PS et LFI porte sur 70 circonscriptions réservées aux premiers, hors outre-mer et Corse.

Quitter le PS

"C'est en bonne voie", veut croire un cadre du PS, malgré les nombreuses divisions internes au parti à la rose qui ont émergé ces derniers jours quant à un possible accord avec Jean-Luc Mélenchon. Lundi encore, Bernard Cazeneuve menaçait même de quitter le PS. "Parce que je suis fidèle au socialisme républicain et que je le resterai, je ne pourrai, en conscience et en responsabilité, demeurer dans le parti dont les dirigeants auront oublié ce qui le fonde et perdu leur boussole", écrivait-il dans un long texte publié sur son compte Facebook.

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François Hollande ne dit pas autre chose. "Je pense que cet accord ne sera pas accepté. S'il l'est, le PS aura décidé de disparaître", a fait savoir sur France Info, il y a quelques jours, l'ancien président de la République. Une ligne partagée par Stéphane Le Foll ou encore Jean-Christophe Cambadélis qui veulent contrer l'opération menée par Olivier Faure. S'engageront-ils dans une opposition interne au PS tels des frondeurs ou feront-ils comme ces nombreux cadres, tenants de la ligne sociale-démocrate et républicaine, qui réfléchissent déjà à claquer la porte de la vieille maison rose. En 2008, c'est un certain Jean-Luc Mélenchon qui s'en allait.