Alors que la suppression de l'Ecole nationale d'administration (ENA) a été évoquée par Emmanuel Macron et que les critiques sur l'école fusent, son directeur prend sa défense dans les colonnes du Figaro. Dénonçant des "affirmations inexactes", Patrick Gérard a voulu "rétablir quelques vérités".
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"Non, les élèves de l'ENA ne sont pas mus par le désir de compliquer la vie de leurs concitoyens", commence-t-il, jugeant ses étudiants "sincèrement soucieux de s'engager pour leur pays, pour l'intérêt général et le bien commun". "Non, les élèves de l'ENA ne sont pas tous 'des jeunes de 25 ans'" mais ont un "âge moyen de 31 ans et demi" à la sortie de l'école et y entrent après "plusieurs années d'expérience professionnelle" ou "après des études supérieures plus longues qu'autrefois", poursuit-il.
"Concours exigeant"
Le patron de l'ENA conteste également que les étudiants y entrent "par favoritisme" puisqu'il passent "un concours exigeant". Il rappelle que la création de l'école en 1945 visait précisément à mettre fin à "un système de cooptation" des hauts fonctionnaires. Et "l'actuelle promotion Molière ne compte aucun enfant d'énarque, de ministre ou de parlementaire", fait-il valoir.
Pour autant, concède Patrick Gérard, "on peut regretter que seuls 19 % des élèves actuels aient un parent ouvrier, commerçant, employé, agriculteur, artisan ou chômeur" et "il faut encore mieux faire".
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Selon lui aussi, la scolarité a été "profondément rénovée" et "les élèves de l'ENA ne sont pas coupés des réalités de leur époque", oeuvrant notamment "en faveur de personnes défavorisées" à Strasbourg où l'école est installée depuis les années 1990. Seuls 2,5% des anciens élèves de l'ENA exercent "une fonction ou un mandat politique" comme c'est le "cas aujourd'hui de 15 députés sur 577", ajoute-t-il.
L'ENA, assure encore Patrick Gérard, "n'a pas le monopole de la haute fonction publique" puisque "plus de la moitié" des ambassadeurs, préfets ou recteurs n'en sont pas issus.
L'avenir de l'école en question
L'ENA a formé en un peu plus de 70 ans quelque 7000 hauts fonctionnaires français et accueilli plus de 3700 élèves étrangers, venus de 134 pays. Quatre présidents de la 5e République - Emmanuel Macron, François Hollande, Jacques Chirac et Valéry Giscard d'Estaing, en sont diplômés.
Emmanuel Macron est susceptible de confirmer ce jeudi lors d'une conférence de presse la suppression de cette école. Il s'apprêtait à faire cette annonce lors de son allocution du 15 avril, mais celle-ci avait été annulée en raison de l'incendie de Notre-Dame.