Jean d'Ormesson, écrivain
"Emmanuel Macron m'avait écrit un mot très gentil se terminant par 'voyons-nous un de ces jours'. Je l'ai pris comme le 'à bientôt' d'une jolie femme et n'ai pas donné suite. Son ami et camarade de lycée le présentateur Laurent Delahousse, qui vient de tourner un film documentaire sur moi, a joué les entremetteurs, et j'ai été invité à déjeuner à Bercy, un dimanche de juin dernier, en compagnie de son épouse, Brigitte - très vive, très sympathique.

Jean d'Ormesson.
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Nous nous sommes bien entendus. Je lui ai suggéré que son animal totem était la chauve-souris, par allusion à la fable de La Fontaine La Chauve-souris et les deux belettes. Elle sauve deux fois sa vie en disant: 'Je suis oiseau; voyez mes ailes'; puis 'Je suis souris: vivent les rats!'.
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Il joue le tout pour le tout, peut disparaître d'ici à quelques mois ou émerger avec éclat. Mais je suis sûr qu'il va jouer un rôle dans cette élection et influer sur son climat. C'est un homme très séduisant, très intelligent, moins ennuyeux que la plupart des hommes politiques. Il va plus loin qu'eux, sans langue de bois. Avec ses petites phrases, il lance des pierres dans la mare qui font de plus en plus d'ondes. Je trouve en lui quelque chose de presque maoïste, empruntant au Grand Timonier son 'Feu sur le quartier général!'. Mais un quartier général auquel Macron appartient."
Propos recueillis par Delphine Peras
"Emmanuel Macron, c'est Raymond Barre: volonté de réforme, orthodoxie économique, hors des partis. Il présente différemment, mais c'est le prof d'éco moderne qui prône le libéralisme rationnel. C'est la logique pragmatique: ni gauche ni droite. Il a un physique, mais je ne sais pas quelle histoire il raconte. Je ne vois ni la nouveauté ni l'ambition, si ce n'est personnelle.

Thomas Bidegain.
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Il n'y a pas de philosophie générale, pas de programme culturel, pas de projet de société. Il ne veut pas être normal, mais sa communication, à travers les couvertures de Paris Match, est très classique. Il se détache par défaut, ce qui n'en fait pas un héros. Pour l'instant, je vois davantage le personnage que le film."
Propos recueillis par Éric Libiot
Bruno Solo, comédien
"Emmanuel Macron, c'est l'histoire d'un mec issu de la banque Rothschild qui se lance dans la politique en pensant qu'il y a une place à prendre. Sauf qu'il n'a pas la carrure, aucune vision. Il arrive avec un gloubi-boulga d'idées, héritier d'un libéralisme américain mal digéré. Je me souviens de mon père rigolant à chaque apparition télévisée de Jean Lecanuet. J'ai compris pourquoi il se moquait en grandissant. Le gars ne servait à rien, c'était du vent.

Bruno Solo.
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Macron, c'est Lecanuet, mais en raté! Comme d'autres avant lui, il commence sa carrière en trahissant celui qui l'a mis en place. La suite sera éphémère. On le verra beaucoup avant l'élection présidentielle, après, il s'écroulera."
Propos recueillis par Christophe Carrière
"Je connais bien les joueurs. Macron n'en est pas un. C'est même tout le contraire! Le gars est - ou était - un banquier d'affaires, il a grandi au coeur du système, là où se fait l'argent. On ne va pas se raconter d'histoires: que vous soyez de droite ou de gauche, vous avez intérêt à maîtriser tous les tenants de la fabrication du carburant pour faire avancer un bolide comme la France!

Patrick Partouche.
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On lui reproche de ne pas avoir de programme précis... Il y a donc encore des Français persuadés que les hommes politiques suivront leur programme à la lettre? Je lui accorde une prime de l'improvisation, en attendant toutefois un peu plus sur les volets sécuritaire et social."
Propos recueillis par Christophe Carrière
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Julie Depardieu.
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"Moi, je suis une plouc qui va faire ses courses. Les autres hommes politiques me dépriment. Juppé est triste. Emmanuel Macron, je pense que c'est un mec pas mal. J'ai une attente positive."
Propos recueillis par Gilles Médioni
"Emmanuel Macron est une énigme très intéressante. Ce type qui déboule à 38 ans dans la ménagerie est forcément digne d'intérêt. D'abord, son parcours personnel me fascine. Il me fait penser au Diable au corps ou à l'affaire Gabrielle Russier. Comme le Christian de l'époque, dragué à 15 ans par sa prof... Sous Georges Pompidou, elle se suicidait. Je me sens toujours proche de ceux-là, c'est mon côté fleur bleue. Ensuite, son parcours intellectuel et professionnel est impressionnant. Enfin, son analyse politique, qui est de refaire le coup de Giscard en 1974, m'interpelle.

Frédéric Mitterrand.
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Il n'a pas sa légitimité, mais la France va tellement plus mal aujourd'hui que le coup est jouable. Si l'on met à la tête du pays quelqu'un de normalement constitué, de raisonnable, d'un peu bienveillant et de très intelligent, cela ne peut pas empirer. En même temps, ce qui me frappe, c'est que, pas plus que les autres, il ne parle de la France. François Mitterrand, Giscard d'Estaing, eux, parlaient de la France. Et, ce qui m'agace, c'est qu'il invite Stéphane Bern à déjeuner, et pas moi."
Propos recueillis par Marianne Payot
