Il veut qu'on se souvienne du "vieux" Front national. "Heureux ceux qui ont embarqué dans la bateau remis à neuf après la tempête électorale de 2007. Ils ne doivent jamais oublier la somme incroyable de sacrifices consentis pour construire le FN et le préparer à son rôle historique de sauveur de la patrie", a lancé Jean-Marie Le Pen ce samedi lors du premier jour du congrès du FN à Lyon.

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Appelant les Français à leurs "responsabilités", il a renouvelé sa conviction que sa fille deviendrait présidente de la République: "Le plus tôt serait le mieux car la situation de la France ne cesse de se dégrader".

Bagarres et pas de danse

Si Marine Le Pen devait parvenir à l'Elysée, "c'est alors que commencera le véritable défi, celui de reconstruire la nation française", estime celui qui a quitté la présidence du Front national en 2011 pour laisser la place à sa fille. Il faut "aimer la France, la servir de toutes ses forces, et s'il le fallait, jusqu'au sacrifice suprême".

Jean-Marie Le Pen, dont l'intervention a été précédée par une ovation debout et un clip hagiographique rappelant son parcours politique, bagarres, pas de danse et interventions spectaculaires à l'Assemblée nationale comprises, s'est inquiété de "la décadence de la France amorcée dès avant le XXe siècle".

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Depuis, "l'immigration massive, le chômage, une dette de plus de 2.000 milliards d'euros, les déficits budgétaires et sociaux, la crise du logement, celle de l'éducation nationale, se sont développés dans le cadre anesthésiant, paralysant et mortifère de l'Europe de Bruxelles", a dénoncé le patriarche, âgé de 86 ans.

Le retour de la "fournée"

"L'immigration massive n'est pas la seule cause du déclin français, mais elle est la plus importante et la plus essentielle", a poursuivi l'eurodéputé. Le "menhir" a dit son rejet de la "substitution de population en cours depuis 40 ans dans certaines régions" avec "une composante islamiste, conquérante, explosive".

Jean-Marie Le Pen est par ailleurs revenu, après son discours, sur la polémique sur la "fournée". "On fera une fournée la prochaine fois", avait déclaré ce dernier dans une vidéo où il évoquait les artistes qui prennent position contre le FN, comme Patrick Bruel. Des propos qui avaient divisé jusqu'au sein de son parti, mais lui assume: "Si vous n'avez pas le même bagage culturel, les finesses de la langue peuvent vous échapper".