Marine Le Pen ne cesse de le clamer, elle s'est affranchie de son père politiquement. Financièrement, c'est moins sûr. Le Parisien rapporte ce lundi que Jean-Marie Le Pen mobilisera la Cotelec, l'association de financement historique du Front national qu'il préside, pour la campagne présidentielle de sa fille. "Il n'y a pas d'obstacle de principe", confirme auprès de L'Express l'entourage de Jean-Marie Le Pen.

"Nous n'avons rien demandé mais il est normal que la Cotelec nous finance puisque c'est l'objet social de l'association", abonde le trésorier du FN, Wallerand de Saint-Just. Selon lui, la Cotelec devrait apporter environ trois millions d'euros sur un besoin estimé à 12 millions [Le Parisien évoque 15 millions]. "Nous n'avons obtenu que des refus de financement de la part des banques, poursuit-il. Y compris de la Société générale qui nous avait prêté 4 millions d'euros en 2012. Mais aujourd'hui, c'est niet, pas un sou."

"Aucun problème politique"

D'où le besoin de récupérer de l'argent de Jean-Marie Le Pen. "Enfin, ce n'est pas à lui, c'est l'argent des donateurs et des prêteurs à la Cotelec", précise Wallerand de Saint-Just qui n'y voit "aucun problème politique". "C'est s'il ne prêtait pas qu'il y aurait un problème juridico-moral..."

Si la Cotelec ne soutenait pas les campagnes du FN, elle s'exposerait par ailleurs à de graves difficultés financières. " Elle n'arriverait plus à attirer de prêteurs et Jean Marie Le Pen pourrait perdre beaucoup d'argent", confie au Parisien un proche de Marine Le Pen.

Paradoxe: selon le journal, la Cotelec ne soutiendrait pas les candidats sous étiquette "Jean-Marie Le Pen" que le patriarche menace de présenter aux législatives. "Et pour cause, il n'est pas du genre à mettre 1 euro dans une opération perdante", s'amuse auprès du quotidien un cadre frontiste. "C'est faux, ce n'est pas décidé, précise à L'Express l'entourage de Jean-Marie Le Pen. C'est fait pour en décourager quelques-uns de nous donner de l'argent..."