Leur réconciliation n'y fera rien. Marine Le Pen a annoncé ce vendredi à l'antenne d'Europe 1 que son père, Jean-Marie Le Pen, ne figurerait pas sur la liste du RN (ex-FN) pour les élections européennes de mai 2019, malgré le souhait du patriarche. "J'ai une belle constance, on peut considérer ça comme un défaut, on peut considérer ça comme une qualité : j'ai dit que je ne referai pas de politique avec Jean-Marie Le Pen", a déclaré la présidente du RN.
La semaine dernière, le cofondateur du FN, dont il a été exclu en 2015, avait annoncé souhaiter figurer sur la liste du RN aux élections européennes et suggéré qu'elle soit conduite par un de ses proches, l'eurodéputé Bruno Gollnisch. "L'âge ne compte pas et il faut tout de même que les retraités, les anciens (...) soient représentés et pas forcément par des jeunes gens", avait déclaré celui qui a présidé le FN pendant près de 40 ans. Il mettait aussi en avant le "vol" dont il disait être l'objet "de la part du Parlement européen", qui lui a demandé le remboursement de 320 000 euros dans l'affaire des assistants parlementaires présumés fictifs.
"Autre chose à faire" à 90 ans
Le souhait de Jean-Marie Le Pen avait d'abord essuyé une fin de non-recevoir mercredi de la part du député et membre du bureau exécutif du RN Louis Aliot. "Je pense qu'à 90 ans, on a autre chose à faire que d'aller se présenter à une élection européenne", avait estimé l'élu des Pyrénées-orientales sur Radio Classique. "Ils ont fait cinq mandats de député chacun, à un moment donné il faut savoir aussi laisser sa place", avait-il ajouté à propos de Jean-Marie Le Pen et Bruno Gollnisch.
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Et qu'importe l'amélioration des rapports entre le père et la fille. La "réconciliation privée" entre Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen est à distinguer des "affaires politiques", avait tranché le compagnon de la présidente du RN. Louis Aliot souhaite conduire lui-même la liste du parti d'extrême droite aux élections européennes.
