Il fait bon avoir Le Pen pour patronyme au congrès du Front National. Les militants frontistes ont tranché net le match interne annoncé entre Marion Maréchal-Le Pen et Florian Philippot: lors du vote au comité central, le parlement interne du parti, la députée du Vaucluse est arrivée première (80%) et son rival quatrième (69%). Avant même l'ouverture du XVe congrès du parti, qui se déroule samedi et dimanche à Lyon, l'issue de son principal enjeu était donc connue.
Selon le classement des premières places révélé par des sources internes ce samedi matin, Louis Aliot, vice-président du parti et compagnon de Marine Le Pen, arrive second (76%) et Steeve Briois, le maire d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), s'offre la troisième place du podium (70%). L'eurodéputé Bruno Gollnisch, concurrent malheureux de Marine Le Pen lors de la succession de Jean-Marie Le Pen en janvier 2011, obtient la cinquième place (65%).
Désaveu pour Florian Philippot
Marine Le Pen, présidente du FN, avait prévenu que le classement du vote n'avait "aucune importance". Mais il est difficile d'interpréter le résultat de Florian Philippot autrement que comme une contre-performance au vu de son omniprésence médiatique et du poids qu'il a pris dans les instances du parti depuis son arrivée avant la présidentielle de 2012.
Quant à Marion Maréchal-Le Pen, elle ne devrait pas pour autant accéder à une vice-présidence et faire son entrée au bureau exécutif du FN, la plus haute instance du parti, ont indiqué plusieurs sources. Les résultats officiels et le nouvel organigramme seront annoncés dimanche.
Entre renouveau et permanence des "historiques"
La participation pour ce XVe congrès se situe autour de 50%, contre 76,45% en 2011. Mais l'enjeu était alors bien plus important, puisqu'il fallait élire le nouveau président du parti.
Ces résultats renseignent sur l'évolution des adhérents du parti, 83 000 actuellement revendiqués contre 23 000 en janvier 2011: le "top 10" offre une place aux nouveaux arrivants, puisque Marion Maréchal-Le Pen, Florian Philippot et Nicolas Bay n'étaient pas candidats à la précédente élection. Mais il reflète aussi une certaine permanence: plusieurs "historiques", tels Bruno Gollnisch, Wallerand de St-Just, Stéphane Ravier ou Marie-Christine Arnautu apparaissent bien placés.