Jean-Marie Le Pen refait parler de lui. Dans son dernier journal de bord vidéo, le fondateur du Front national critique l'hommage national rendu au policier Xavier Jugelé, tué le 20 avril dans un attentat sur les Champs-Elysées. Il juge que la cérémonie, marquée par un discours du compagnon de la victime, célébrait plus "l"homosexuel" que le "policier".
"J'ai été très étonné par la dimension donnée à cette cérémonie", s'agace Jean-Marie Le Pen. L'ancien président du FN a eu l'impression "qu'on rendait plutôt hommage qu'au policier à l'homosexuel car la participation de son conjoint et le long discours qu'il a prononcé institutionnalisaient en quelque sorte le mariage homosexuel, l'exaltaient d'une façon publique", ce qui l'a "un peu choqué". Selon lui, cette "particularité familiale doit être tenue à l'écart de ce genre de cérémonie".
Un discours salué pour sa "dignité"
Lors de l'hommage, Etienne Cardiles a salué la mémoire de son compagnon dans un discours unanimement salué pour sa dignité. Il a notamment affirmé "souffrir sans haine", empruntant cette formule à Antoine Leiris dont la femme est morte lors de l'attentat du 13 novembre au Bataclan.
Avant de conclure son intervention par ses mots: "Je t'aime. Restons tous dignes" et "veillons à la paix". François Hollande a ensuite prononcé un discours dans la cour de la préfecture de police.
Marine Le Pen a exprimé ce vendredi son désaccord avec les propos de son père. "Je suis toujours au côté des policiers (...) qui sont assassinés par le fondamentalisme islamiste. J'ai trouvé cette cérémonie très digne et j'ai été très touché par le discours qui a été tenu par son compagnon", a déclaré la présidente du Front national.
Commentaires homophobes sur les réseaux sociaux
Xavier Jugelé était membre du FLAG!, association des policiers et gendarmes LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres). Sa mort a déclenché des commentaires homophobes sur les réseaux sociaux.
Mardi, le ministre de l'Intérieur, Mathias Fekl, a saisi la justice après avoir relevé plusieurs commentaires homophobes et injurieux visant le policier de 37 ans. Dans le viseur de Beauvau, les messages publiés sur Twitter, Facebook et Youtube par un compte portant le pseudonyme "Ernest Manurhin", une référence au revolver anciennement utilisé par les policiers et gendarmes.
