On n'en a quasiment pas parlé pendant la campagne électorale. On n'en a quasiment pas parlé au soir des résultats. On n'en parlera sans doute plus avant longtemps. On a tort, car les départements, en 2021, gardent encore bien plus de pouvoir que les régions, avec quelque 70 milliards d'euros de budget contre 35 milliards.
Vous croyiez pourtant que François Hollande et Manuel Valls avaient créé des "régions françaises de taille européenne" ? Vous n'avez pas tort, à deux "détails" près. Le premier : avant même la réforme, elles étaient déjà... les plus grandes d'Europe (après leurs homologues espagnoles). Le second : ces collectivités ne souffraient pas d'un problème de taille, mais d'un manque de budget ; or on ne leur a confié aucune compétence supplémentaire significative. La réforme territoriale a donc créé d'immenses régions faibles et non des régions fortes... Etonnant amateurisme.
Dans leur élan, les deux hommes avaient annoncé qu'ils supprimeraient aussi les départements - avant de devoir battre en retraite. Logique. En créant ces nouveaux "monstres" administratifs, ils ont renforcé la nécessité d'un échelon intermédiaire entre les villes et ces fameuses régions. Autrement dit : ils ont donné des arguments aux défenseurs des collectivités qu'ils prétendaient supprimer ! Résultat : le bon vieux département, à l'abri des regards médiatiques, continue son petit bonhomme de chemin, veillant sur l'enfance en détresse, bitumant les routes départementales, rénovant les collèges... Tandis que nos régions, noyées dans des superficies délirantes et privées de compétences décisives, se sont éloignées de leurs administrés et de leurs électeurs.
Oui, étonnant amateurisme...
