A son arrivée place Beauvau, Gérald Darmanin avait promis d'effectuer chaque mois un bilan sur l'insécurité et les actions de son ministère. Mardi, le ministre de l'Intérieur a donné sa première conférence de presse aux côtés de la ministre déléguée à la citoyenneté Marlène Schiappa. "Ce n'est pas une politique du chiffre mais du résultat", a prévenu l'ancien ministre du Budget en préambule avant de détailler les différentes opérations réalisées depuis le mois de septembre.

200 opérations de police contre le trafic de drogue

La reconquête territoriale face au trafic de drogue était l'un des objectifs fixés par le nouveau ministre de l'Intérieur. Dans un premier temps, Gérald Darmanin a fait le bilan de la lutte contre les trafics. Il y a eu plus de 200 opérations menées par les forces de police qui ont mené à 831 gardes à vue, à la saisie de 2,1 tonnes de cannabis, de 44 kilos d'héroïne, de 644 kilos de cocaïne et plus d'un million d'avoirs en numéraire, ainsi que 132 armes à feu. Il y a eu une augmentation très importante de saisie de cannabis a souligné Gérald Darmanin : "4,2 tonnes au mois de septembre contre 3 tonnes au mois d'août".

9523 amendes forfaitaires délictuelles

9523 amendes forfaitaires délictuelles, mises en place partout en France depuis la rentrée, ont été dressées depuis le 8 septembre, soit 250 par jour, 1032 en Seine-Saint-Denis et 356 à Paris. "Un tiers des amendes dans la capitale ont été dressées dans les quartiers huppés, ce qui montre que l'action de la police se fait partout sur tout le territoire national et pas seulement dans les quartiers que l'on peut considérer comme difficile", a tenu à préciser Gérald Darmanin.

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La police a également procédé à l'interpellation de 1189 trafiquants de drogue. Le ministre de l'Intérieur a aussi annoncé que 50 personnels supplémentaires qui seront mis à disposition de l'Office anti-stupéfiant (OFAST). "On passe de 150 à 200 personnes dans ce DEA à la française", souligne le ministre.

35 000 gendarmes et policiers formés

Marlène Schiappa a ensuite pris la parole pour évoquer les chiffres des violences conjugales et l'action entreprise par son ministère. "Nous avons sélectionné trois indicateurs pour mesurer le déploiement de notre engagement : le nombre de policiers et gendarmes formés depuis le grenelle des violences conjugales, le nombre de signalements via la plateforme arretonslesviolences.gouv.fr et enfin le nombre de verbalisations d'outrage sexiste relevés par la police et la gendarmerie", détaille la ministre déléguée auprès du ministère de l'Intérieur chargée de la citoyenneté.

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Depuis le lancement du grenelle, "17 000 gendarmes et plus de 18 000 policiers ont bénéficié d'une formation soit à leur entrée en école ou en formation initiale pour compléter leur parcours", poursuit Marlène Schiappa.

2000 infractions pour outrage sexistes

Sur la plateforme arretonslesviolences.gouv.fr, lancée le 27 novembre 2018, 18 500 signalements ont été réceptionnés par les forces de l'ordre, dont plus de 10 000 signalements sur la seule année 2020. Marlène Schiappa a annoncé un renforcement de cette plateforme pour répondre aux 1000 signalements quotidiens en moyenne.

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Enfin, sur la verbalisation des outrages sexistes, 2000 infractions ont été relevées par les forces de l'ordre. "Au moment des débats sur cette loi, certains nous disaient que cette loi ne sera pas applicable. Les chiffres le démentent", souligne la ministre qui précise qu'avec Gérald Darmanin, elle a demandé à tous les préfets de doubler le nombre de verbalisations pour harcèlement de rue.

73 lieux de radicalisation fermés en 2020

Marlène Schiappa aborde ensuite le volet radicalisation et séparatismes. Elle indique que 98 cellules de lutte contre l'islamisme et le repli communautaire (CLIR) ont été déployées en France sur un objectif de 106. Pour le seul mois de septembre, 650 opérations de contrôle ont été réalisées réunissant les services de la CAF, de l'URSSAF et les autres organismes de contrôle. Elles ont permis d'établir pour 200 000 euros de redressement. "Pas un centime ne doit aller soutenir le séparatisme ou l'islamisme radical", souligne Marlène Schiappa.

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De plus, 12 lieux de radicalisation ont été fermés au mois de septembre, une mosquée non déclarée dans l'Hérault, un établissement culturel et associatif dans la Loire, une école hors contrat dans l'Hérault, cinq commerces, ainsi que quatre débits de boissons, a détaillé Gérald Darmanin. 73 ont été fermés pour l'année 2020. Enfin, le ministre de l'Intérieur a indiqué que 231 étrangers en situation irrégulière, actuellement suivis pour radicalisation, restent à "expulser".